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Goldman Sachs, une banque "toxique" qui traite ses clients d'"andouilles"

La banque d'affaires américaine a encore vu sa réputation écornée, mercredi, par la démission d'un de ses responsables qui en a profité pour tenir des propos tonitruants sur son ex-employeur.

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France Télévisions
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Des employés de la banque Goldman Sachs à New York (Etats-Unis), le 27 avril 2010. (CHRIS HONDROS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Son départ lui a délié la langue. Un responsable de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs a claqué la porte du groupe, mercredi 14 mars et a profité de sa nouvelle liberté pour dénoncer, dans une tribune publiée par le New York Times, une culture d'entreprise qui met "l'intérêt du client au second plan", ainsi qu'un "climat [devenu] toxique et destructeur"

"Cela me rend malade de voir la manière dont les gens parlent d'arnaquer leurs clients. Au cours des douze derniers mois, j'ai entendu cinq responsables différents qualifier leurs clients d'andouilles", écrit  Greg Smith, responsable des ventes de dérivés pour l'établissement, basé à Londres. De quoi écorner une nouvelle fois la réputation de la banque d'affaires américaine. 

• Des précédents peu glorieux

L'ex-star de Wall Street a vu son aura commencer à décliner lorsqu'elle était encore une machine à bénéfices en 2008 et 2009 : elle a été attaquée sur les rémunérations de ses employés alors qu'elle avait reçu une aide gouvernementale pendant la crise.

En 2009, le magazine Rolling Stone comparait la banque à "une pieuvre géante accrochée au visage de l'humanité", suçant "tout ce qui sent l'argent". En 2010, l'autorité américaine des marchés, la SEC, l'a poursuivie, l'accusant d'avoir trompé des investisseurs en leur vendant des dérivés adossés à de l'immobilier à risque.

Une affaire révélée par un courrier électronique d'un trader français de la banque qui ironisait alors sur "les pauvres petits emprunteurs peu solvables" qui ne "vont pas faire de vieux os". Coût du litige : une amende record de 550 millions de dollars (383 millions d'euros). 

• La réplique de la banque

Face à la charge de Greg Smith, les dirigeants de l'établissement ne pouvaient pas rester impassibles. "L'opinion exprimée (...) n'illustre pas notre façon de gérer nos affaires, a assuré un porte-parole. Nous ne pourrons réussir que si nos clients réussissent." Il n'empêche. Signe du casse-tête que représente cette lettre ouverte assassine pour son image, la banque a contacté les médias pour souligner que Greg Smith n'était pas un haut dirigeant mais un simple cadre.

De plus, un mémo au personnel du PDG, Lloyd Blankfein, et du numéro deux, Gary Cohn, largement distribué à la presse, a enfoncé le clou en soulignant qu'il y avait chez Goldman Sachs 12 000 "vice-présidents" de même niveau hiérarchique que Greg Smith sur plus de 30 000 employés.

Le banquier démissionnaire a, lui, reçu le soutien de l'ancien président de la Banque centrale américaine (Fed). Paul Volcker a estimé que Goldman Sachs avait "changé de mentalité" depuis son entrée en Bourse en 1999.

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