General Electric à Belfort : le plan accepté par les salariés "reste de la casse sociale" pour le maire de Belfort

"Notre but c'est d'être pragmatique", explique Damien Meslot, qui ne cache pas pour autant son désaccord avec General Electric "qui nous explique qu'il n'y a plus de marché, mais qui délocalise dans les pays à bas coût."

Damien Meslot, le maire de Belfort, le 3 juin 2019.
Damien Meslot, le maire de Belfort, le 3 juin 2019. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

Les salariés de General Electric de Belfort, réunis en assemblée générale lundi 21 octobre, ont validé le nouveau projet proposé par la direction. Ce projet prévoit de ramener de 792 à 485 le nombre d'emplois supprimés par un plan social. En contrepartie, les salariés acceptent la suppression de certains avantages sociaux. "Cela reste de la casse sociale", regrette Damien Meslot, le maire de Belfort, lundi sur franceinfo, même si "par rapport au coup de massue que nous avons eu au mois de mai, les choses ont quand même avancé positivement". L'élu regrette aussi le "silence assourdissant" d'Emmanuel Macron sur le dossier.

Des "avancées notables", on espère "aucun licenciement sec"

"Les décisions de General Electric ne nous vont pas", a commenté le maire de Belfort. "Nous ne sommes absolument pas d'accord avec ce qu'il s'est passé, mais notre but c'est d'être pragmatique. Notre but, c'est de sauver les emplois et de trouver une solution individuelle pour chaque salarié concerné. Nous sommes en total désaccord avec les décisions qui ont été prises de façon abrupte par General Electric, qui nous explique qu'il n'y a plus de marché, mais qui délocalise dans les pays à bas coût."

Le plan accepté lundi par les salariés a permis la sauvegarde de 307 emplois. "Cet accord présente des avancées notables par rapport au plan de licenciement tel qu'il était prévu", a reconnu l'élu, qui précise avoir fait des efforts pour aider à la sauvegarde du site sur son territoire.

Nous, les collectivités locales, on a choisi de proposer à General Electric de racheter les bâtiments pour faire baisser les charges fixes sur le site pour avoir une meilleure productivité.Damien Meslot, le maire de Belfortà franceinfo

"Maintenant les syndicats vont discuter pendant six semaines avec la direction. Le but c'est de n'avoir aucun licenciement sec, que des départs volontaires", a expliqué Damien Meslot. Les 485 salariés quittant ce site belfortain pourront être reclassés dans d'autres branches de GE. "Un certain nombre pourront être reclassés", a confirmé Damien Meslot. "Nous sommes prêts, nous les collectivités, à proposer des solutions. Nous espérons qu'il n'y ait aucun licenciement sec, contraint, sur le site de Belfort. Donc par rapport au coup de massue que nous avons eu au mois de mai, les choses ont quand même avancé positivement. Même s'il reste beaucoup de choses à négocier".

Bruno Le Maire a "beaucoup aidé"

Le maire de Belfort a surtout déploré le silence du président de la République, Emmanuel Macron. "Nous devons reconnaître que le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire nous a beaucoup aidés et s'est beaucoup engagé. Je regrette en revanche le silence assourdissant du président de la République Emmanuel Macron, qui lorsqu'il était ministre de l'Économie et des Finances, avait facilité ce rachat", a regretté Damien Meslot. "J'aimerais bien qu'il vienne expliquer aux salariés sa stratégie, qu'il nous explique pourquoi il a fait cela. Et qu'il explique aux élus et aux salariés comment maintenant il peut nous aider après nous avoir mis dans la difficulté", a-t-il conclu.