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Areva : un rapport parlementaire se penche sur le trou creusé par le rachat d'Uramin

Pourquoi le groupe nucléaire français a acquis en 2007, pour un montant de 2 milliards d'euros, cette société minière qui en vaut aujourd'hui cinq fois moins ? A cause de "dysfonctionnements" internes. 

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Le rapport indque que l'acquisition d'Uramin n'a pas donné lieu à des manœuvres frauduleuses, mais souligne des "dysfonctionnements". (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Comment le rachat par Areva de la société minière Uramin a tourné au désastre financier ? Un rapport parlementaire a souligné, mercredi 7 mars, des "carences" tant du côté d'Areva que de l'Agence des participations de l'Etat (APE) lors de cette acquisition datant de 2007, à l'origine de pertes conséquentes pour le groupe nucléaire français.

Pas de fraudes, mais "des dysfonctionnements"

"Le problème c'est, est-ce qu'on est allé au-delà du risque industriel avec l'actionnaire public qu'est l'Etat ?" demande Camille de Rocca Serra. Le député UMP est coauteur, avec le député PS Marc Goua, d'un rapport parlementaire sur le fiasco de l'aquisition par Areva de la société minière canadienne Uramin, laquelle s'est révélée être un gouffre financier. A tel point que s'est posée la question d'éventuelles intentions de nuire au géant français du nucléaire : "[Le rapport] ne met pas en cause les personnes, il n'y a pas d'intention malveillante qu'on ait pu retenir", a poursuivi Camille de Rocca-Serra. 

Les deux parlementaires ont largement repris les conclusions d'un comité d'enquête interne d'Areva sur cette acquisition, laquelle avait estimé qu'elle n'avait pas donné lieu à des manœuvres frauduleuses mais avait été entachée par des "dysfonctionnements" en matière de gouvernance.

Le rapport préconise une meilleure cogestion du groupe 

Au total, conclut le rapport, "cet épisode Uramin a montré l'importance d'améliorer ou corriger encore les relations entre les entreprises publiques et [l'Agence des participations de l'Etat], l'APE," chargée de défendre les intérêts de l'Etat au sein de ce groupe public à 87%.

Des exemples de ces "carences dans les échanges" ? Les députés regrettent notamment que l'APE n'ait pas fait appel au Bureau national de recherches géologiques et minières (BRGM) pour l'aider à jauger la pertinence de l'acquisition d'Uramin, alors que ses propres compétences ne lui permettaient pas "de porter un regard critique sur les analyses géologiques et les conclusions que l'on pouvait en tirer". Quant à Areva, les rapporteurs estiment que l'entreprise avait "le devoir d'apporter les éclairages nécessaires sur ces points techniques" à l'APE, ce qui n'a pas été le cas.

De même, une synthèse critique des experts miniers d'Areva émettant "quelques alertes" quant aux incertitudes sur les réserves d'uranium d'Uramin, qui possédaient de nombreux gisements en Afrique, n'aurait ainsi pas été transmise à l'APE, même si les rapporteurs disent ne pas avoir pu déterminer clairement quand elle avait été rédigée et qui en avait eu connaissance. Bref, des problèmes de communications internes qui auraient menés à l'achat, pour un montant de 2 milliards d'euros, d'Uramin. Elle vaut aujourd'hui cinq fois moins.

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