Affaire Alstom : l'association Anticor dépose plainte pour "corruption" et "détournement de fonds publics"

L'association anticorruption espère ainsi que la justice française enquêtera sur des pots-de-vin versés entre 2000 et 2011 et sur la décision de l'Etat de renoncer à un accord avantageux lors du rachat du groupe par General Electric.

Le drapeau d\'Alstom, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), le 27 avril 2014.
Le drapeau d'Alstom, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), le 27 avril 2014. (PATRICK KOVARIK / AFP)

L'association Anticor a porté plainte pour "corruption" et "détournement de fonds publics" après la vente en 2014 du pôle énergie du groupe Alstom à l'Américain General Electric et la fusion ratée avec l'allemand Siemens, indique-t-elle à franceinfo, lundi 22 juillet, confirmant une information du Monde.

500 millions d'euros perdus pour l'Etat ?

Dans le volet "détournements de fonds publics", l'association anticorruption demande qu'une enquête soit menée sur la décision de l'Etat de renoncer à son droit d'acheter 20% d'actions Alstom détenues par le groupe de construction Bouygues lors du rapprochement entre le groupe ferroviaire et le conglomérat allemand Siemens.

Anticor se fonde notamment sur le rapport parlementaire de 2018 du député Olivier Marleix sur la politique industrielle de la France. L'élu des Républicains estime que l'Etat a perdu "consciemment" 500 millions d'euros, "si l'on prend en compte les dividendes et la plus-value perdus"

L'association avait déjà déposé, en janvier 2018, une plainte du chef de "négligence par personne dépositaire de l'autorité publique" concernant ces faits. Mais elle avait été rapidement classée sans suite par le parquet de Paris.

Vers une enquête sur des pots-de-vin ?

Dans le volet "corruption", Anticor cherche "à obtenir de la justice française qu’elle enquête sur les faits déjà reconnus par le groupe Alstom auprès de la justice américaine et les responsabilités éventuelles des dirigeants", écrit Le Monde. En effet, l'entreprise a reconnu auprès des autorités américaines avoir versé des pots-de-vin dans plusieurs pays entre 2000 et 2011.

Dans sa plainte, l'association demande donc que des personnes physiques, notamment l'ancien PDG du groupe Patrick Kron, soient poursuivies en France pour corruption. "Les personnes physiques coupables de la corruption n'ont pas été poursuivies, ni en France ni ailleurs", explique Anticor dans un communiqué.