Vague de froid : ce qu'il faut savoir sur le pic d'électricité qui a poussé le gestionnaire du réseau français à sonner l'alerte

Même s'il n'y a pas de risque de coupures à l'heure actuelle, RTE a notamment demandé aux entreprises comme aux particuliers de réduire leur consommation lundi matin, dans un contexte tendu pour le réseau d'électricité français.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Face au pic de froid de ce début de mois d'avril 2022, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité (RTE) a demandé aux particuliers comme aux entreprises de limiter leur consommation.  (MARCUS BRANDT / DPA / AFP)

La vague de froid tardive qui traverse actuellement la France affole les thermomètres, et le chauffage est de nouveau fortement sollicité en intérieur. Un pic de consommation était même attendu, lundi 4 avril dans la matinée, risquant de mettre sous tension le système de distribution électrique. Bien que le gestionnaire du réseau de transport d'électricité français, RTE, a assuré dimanche qu'il n'y avait "pas de risque de coupures", il a toutefois souligné que "les marges de sécurité sont réduites" et appelé les entreprises comme les particuliers à limiter leur usage d'électricité. Franceinfo vous explique les raisons de cet appel à consommer moins.  

Pourquoi y a-t-il eu un pic de consommation ?

L'air polaire venu du Grand Nord a fait fortement chuter les températures en ce début de printemps. Il a neigé sur de nombreuses régions vendredi et, depuis, des gelées nocturnes s'enchaînent. Il a parfois fait -9 °C par endroits, comme l'a rapporté Météo France. La nuit de dimanche à lundi a d'ailleurs enregistré les températures les plus froides pour un mois d'avril depuis 1947, selon le prévisionniste. 

Cet épisode climatique (cinq à six degrés sous les normales de saison) a contraint les particuliers à remonter leur chauffage, provoquant un pic de la consommation d'électricité. Or, cette augmentation de la demande arrive à un moment où une grande partie du parc nucléaire français est en maintenance. "Sur les 56 réacteurs nucléaires qui existent en France, 27 sont à l'arrêt pour des raisons de maintenance actuellement", a expliqué dimanche sur franceinfo Jean-Paul Roubin, directeur de l'exploitation de RTE. La transition du système électrique, prévue jusqu'en 2024, réduit les marges disponibles en hiver, impliquant une vigilance durant ces périodes de forte consommation.

Les deux événements combinés font que "la consommation est plus forte que la production disponible en France", a rappelé Jean-Paul Roubin. Lundi, selon le site Eco2Mix de RTE qui permet de suivre les données en temps réel, la consommation nationale d'électricité a atteint un pic entre 8h30 et 9 heures, avec plus de 71 600 MW, soit un chiffre légèrement inférieur à ce qui était attendu (73 000 MW attendus initialement pour 9 heures).

Pourquoi ne devrait-il pas y avoir de coupures, malgré tout ? 

Afin de combler la différence entre production et consommation du moment, et éviter tout risque de coupures, la France a dû importer de l'électricité de l'étranger lundi matin. "Un volume de l'ordre de 11 000 mégawatts", avait estimé dimanche le directeur de l'exploitation de RTE. Dans ce contexte tendu, le gestionnaire du réseau de transport électrique a activé son système d'alerte sur la consommation, en enclenchant le signal orange national Ecowatt. Ce dispositif, déployé au niveau national il y a deux ans, affiche en temps réel le niveau de consommation des Français, région par région. Quatre couleurs peuvent être affichées sur cette "météo d'électricité".

Généralement, c'est le vert qui prime, ce qui montre que la consommation est "normale". Le signal passe au jaune quand elle devient "élevée", puis en orange quand le système électrique est "tendu" , comme c'est le cas actuellement, appelant les consommateurs à des "écogestes" dans leur usage d'électricité. Si Ecowatt devait virer au rouge, signe d'un système électrique "très tendu", des coupures ciblées deviendraient inévitables et les gestes pour réduire sa consommation incontournables.

Comment les particuliers et les entreprises peuvent-ils aider ?

Les ménages ont été invités à adopter des gestes simples afin de réduire leur consommation, même s'il est "encore trop tôt pour savoir quel est l'impact des écogestes", a précisé RTE. Concrètement, côté chauffage, RTE incite à privilégier une température de 19 °C, à baisser le thermostat des radiateurs électriques si personne n'occupe le logement dans la journée et à fermer les volets et/ou tirer les rideaux à la nuit tombée, afin d'améliorer l'isolation pour conserver la chaleur.

Il est aussi recommandé d'éviter d'utiliser les appareils électroménagers (lave-vaisselle, lave-linge ou sèche-linge) pendant une période où le système électrique national est sous tension. Afin de contourner les heures de pointe de consommation d'électricité au moment du repas, avec l'utilisation de plaques de cuisson, il est également conseillé de préparer les repas à l'avance. Et bien entendu, il faut veiller à éteindre les lumières dans les pièces inoccupées et les appareils comme la télévision, la box internet, l'ordinateur ou encore le micro-ondes, qui restent en veille et qui consomment.

Toutes ces initiatives permettent de faire baisser la demande. A titre d'exemple, RTE a précisé samedi dans son communiqué que "si tous les Français éteignent une ampoule, cela entraîne une économie de consommation d'électricité de 600 MW, soit environ la consommation d'une ville comme celle de Toulouse"

Même chose du côté des entreprises et des collectivités, invitées par exemple à différer l'allumage des chauffages après le pic de consommation. "Pour les entreprises qui utilisent beaucoup l'informatique, qui utilisent beaucoup les réunions en distanciel, les messageries, l'utilisation d'applications qui, avec des flux vidéo, permettent de faire ces réunions à distance. Est-ce qu'on peut les décaler un peu et les faire après 10 heures ?", réclame Jean-Paul Roubin.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Crise énergétique

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.