Temps de fonctionnement et recyclage des éoliennes : qui dit vrai entre Barbara Pompili et Stéphane Bern ?

La ministre de l’Ecologie Barbara Pompili a réagi ce jeudi sur BFMTV à la tribune anti-éolienne écrite par Stéphane Bern et parue lundi dans "Le Figaro". Elle a affirmé que les éoliennes fonctionnaient 75% du temps et étaient recyclables, contrairement à ce qu'affirme l'animateur télé. On a vérifié.

Article rédigé par
Nina Droff - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Eolienne à Plomodiern (Finistère). Août 2018 (RÉGIS HERVÉ / FRANCE BLEU BERRY / RADIO FRANCE)

Sur le plateau de BFMTV jeudi 3 juin, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, a réagi à la tribune de Stéphane Bern contre les éoliennes, qu’il qualifie de "négation de l’écologie". 

>>> À lire aussi : les éoliennes sont-elles écologiques ?

Les éoliennes fonctionnent-elles 25 ou 75% du temps ?

Dans sa tribune, l'animateur de télévision affirme notamment que "les éoliennes fonctionnent seulement 25% du temps". Un chiffre réfuté par Barbara Pompili qui avance "75% du temps". Qui dit vrai ? 

Barbara Pompili a raison. Un document explicatif de l’Ademe (Agence de la transition écologique et de la maîtrise de l'énergie) explique que les éoliennes ne sont à l’arrêt que lorsque le vent est trop faible (moins de 10 km/h) ou lors des opérations de maintenance mais, autrement, "une éolienne tourne en moyenne 75% à 95% du temps".

Quant aux 25% évoqués dans la tribune de Stéphane Bern, ce chiffre correspond en réalité au "facteur de charge" d’une éolienne, un indicateur qui permet de mesurer la rentabilité énergétique d’une éolienne : "Pendant sa période de fonctionnement, une éolienne tourne à différentes vitesses en fonction de la force plus ou moins importante du vent. En un an, elle a produit autant d'électricité que si elle avait tourné 20 à 25 % du temps à capacité maximale. C'est ce qu'on appelle le facteur de charge ou le taux de charge", explique le document de l'Ademe. D'après l'agence, ce taux de charge s'élève actuellement à 26,3%.

Les éoliennes sont-elles vraiment recyclables ?

C'est un autre point de désaccord entre Stéphane Bern et la ministre de l'Ecologie. Dans sa tribune, l'animateur qualifie les éoliennes sont une "énergie inutile, coûteuse, non recyclable". Il pointe notamment le fait que la composition des pales des éoliennes oblige "les exploitants à les enfouir lors du renouvellement ou du démantèlement". En réponse, la ministre de la Transition écologique affirme que "les éoliennes sont recyclables à 90%". Qui dit vrai ? 

Les deux ont plutôt raison.  D'après l'Ademe, les éoliennes sont composées à plus de 93% d'acier, de béton, de cuivre et d'aluminium. Tous ces matériaux sont totalement recyclables. Reste la question des pales. Sur ce point, Stéphane Bern à raison. Elles posent problème car elles sont fabriquées avec des matériaux composites : résine et fibres de verre ou carbone. Et il n'existe actuellement pas de solution pour les recycler.

Cependant, contrairement à ce qu’affirme l'animateur, celles-ci ne sont pas enfouies sous terre, puisque cela est interdit en France par le Code de l’environnement. Il y est inscrit que seuls les "déchets ultimes", pour lesquels aucune solution de recyclage n’a été trouvée, peuvent être enfouis. Or actuellement, "les pales sont brûlées et utilisées pour alimenter des réseaux de chaleur ou bien elles sont concassées en matériau pour faire du ciment. Ce ne sont pas des solutions satisfaisantes mais ce sont les seules que nous avons actuellement", assure à franceinfo un représentant de l’association France Energie Eolienne. 

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Energie

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.