"Flambée historique" du tarif réglementé du gaz : l'UFC-Que Choisir préconise une baisse "au moins temporaire" de la TVA

Le chèque énergie de 100 euros proposé par le gouvernement "c'est une blague, c'est de la communication et de la langue de bois", dénonce l'association de consommateurs.

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Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

"C'est une flambée tout à fait historique qui est liée au contexte international", a déploré Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir, mardi 28 septembre sur franceinfo, alors que les tarifs réglementés du gaz appliqués par Engie vont une nouvelle fois bondir, de 12,6 % au 1er octobre. "Aux grands maux les grands moyens : comme en Espagne, il pourrait y avoir au moins temporairement une baisse de la TVA pour compenser cette hausse qui est historique et considérable", a-t-il suggéré.

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franceinfo : Qui va voir sa facture augmenter ?

Alain Bazot : Ça concerne cinq millions de ménages. C’est-à-dire les trois millions qui sont restés au tarif réglementé du gaz et puis les deux millions de ménages qui ont pris des offres alternatives, qui sont à un prix libre mais indexé sur le tarif réglementé. Cinq millions, ça représente la moitié des consommateurs de gaz en France.

Cette hausse représente une augmentation de 60 % depuis le début de 2021. C'est inédit ?

Oui, c'est une flambée tout à fait historique qui est liée au contexte international, après le Covid et la reprise un peu partout des économies. Il y a une demande des ménages et des entreprises qui provoquent des tensions sur le marché. Les États reconstituent des stocks. Et on est dépendants de ce marché international, puisqu'on ne produit pas.

Quels conseils donner aux usagers ? Il faut anticiper la fin des tarifs réglementés, dans deux ans ?

Il faut choisir une offre à prix fixe. Autrement, on est soumis à ce yo-yo tarifaire. Et il va falloir s'habituer à comparer régulièrement. Beaucoup de gens sont trop habitués au tarif réglementé et ne bougent pas, attendent et subissent. Cela dit, il y aura des limites. Même si la concurrence s'intensifie, si les tarifs internationaux d'approvisionnement augmentent, il y aura de toute façon des hausses. Il y a donc des éco-gestes à avoir. Ne serait-ce qu'un degré économisé pour le chauffage, c'est 7 % sur la facture.

"Vous pouvez changer d'opérateurs autant de fois que vous voulez dans la mesure où l'engagement, ce n'est que pour le professionnel."

Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir

à franceinfo

S'il s'engage à des prix fixes pendant un an, il ne peut pas les bouger. En revanche, si ça baisse et qu'il ne fait pas une offre pour lui-même baisser, il faut faire jouer la concurrence. C'est simple c'est gratuit, c'est sans risque de coupure.

Et l'État, au-delà du chèque énergie de 100 euros pour les foyers les plus modestes, que peut-il faire ?

Le compte n'y est pas avec 100 euros, c'est une blague, c'est de la communication et de la langue de bois. Il y a beaucoup de familles modestes qui sont dans des logements qui sont des passoires thermiques, qui ont des grille-pains pour l'électricité. Et à côté de ça, l'État matraque les consommateurs avec des taxes et une TVA à 20 %. Alors, aux grands maux les grands moyens : comme en Espagne, il pourrait au moins y avoir temporairement une baisse de la TVA pour compenser cette hausse historique. Et puis peut-être mettre fin à une aberration fiscale, qui est de prendre de la TVA sur les taxes. On a d'ailleurs lancé une pétition sur le site internet de Que Choisir.

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