Le Syndicat de la magistrature dénonce "la défiance envers la justice" des policiers, qui manifestent contre la mise en examen de l'un d'eux

Plusieurs rassemblements sont prévus en France pour protester contre la mise en examen pour "homicide volontaire" du policier qui a tué deux hommes sur le Pont-Neuf à Paris : certains syndicats de police revendiquent une présomption de légitime défense pour les polciers.

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Radio France
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La police sécurise le Pont Neuf à Paris, le 25 avril 2022, après qu'un policier ait tiré sur deux hommes, qui auraient tenté de forcer un contrôle. (DURSUN AYDEMIR / ANADOLU AGENCY / AFP)

"Ce qui pose question c'est la défiance envers la justice qui devient quasi systématique de la part des syndicats de police", regrette lundi 2 mai sur franceinfo Sophie Legrand, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature. Plusieurs rassemblements devant des tribunaux et des commissariats sont prévus lundi en France à l'appel de syndicats de police pour protester contre la mise en examen pour "homicide volontaire" du policier qui a tué deux hommes qui auraient forcé un contrôle sur le Pont-Neuf à Paris, le 24 avril. "Ça pose vraiment une question de crise de confiance", d'après la magistrate.

"Ce qui nous pose problème, ce n'est pas qu'ils critiquent une décision de justice, puisqu'on est favorables à la critique", précise Sophie Legrand. Elle s'inquiète de "la revendication sous tendue", celle de la "présomption de légitime défense qui s'imposerait pour tous les policiers, qui supposerait qu'on ne fasse pas d'enquête quand un policier tue quelqu'un dans l'exercice de ses fonctions".

Un projet "extrêmement dangereux"

Les syndicats de policiers Alliance et Synergie portent ce projet de reconnaître la légitime défense, que Sophie Legrand juge "extrêmement dangereux". "Ça signifierait concrètement que quand un policier fait usage de son arme, et blesse ou tue quelqu'un, on considérerait qu'il n'y a aucune responsabilité à rechercher, aucun examen à faire de l'usage de cette arme, s'il a été fait dans les règles ou non, est-ce qu'il a été proportionné ou non". D'après elle, "ça déresponsabilise le policier qui ne se posera plus autant la question avant de tirer, au risque de sortir des règles sans même s'en apercevoir".

"Et puis ça pourrait donner le sentiment à nos concitoyens qu'il n'y a plus aucun contrôle qui est fait", ajoute-t-elle. "Quand il y a deux morts et des tirs, ça paraît logique" qu'on vienne s'assurer que tout s'est passé dans les règles. "Si les citoyens ont confiance en leur police, c'est qu'ils ont l'assurance que quand la police fait usage de son arme c'est parce qu'elle n'avait pas d'autre choix, que c'était la seule solution pour s'assurer que personne ne serait mis en danger", estime la secrétaire générale du Syndicat de la magistrature.

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