Virgin : réunion décisive pour évoquer le dépôt de bilan

Un comité d'entreprise extraordinaire s'ouvre lundi, alors que les magasins sont proches de la fermeture.

Un comité d\'entreprise extraordinaire s\'ouvre lundi 7 janvier à Paris pour évoquer le projet de dépôt de bilan des magasins Virgin Megastore.
Un comité d'entreprise extraordinaire s'ouvre lundi 7 janvier à Paris pour évoquer le projet de dépôt de bilan des magasins Virgin Megastore. (MAXPPP)

C'est une réunion cruciale pour l'avenir de Virgin. Un comité d'entreprise extraordinaire s'ouvre à Paris lundi 7 janvier dans la matinée, pour évoquer pendant deux jours le projet de dépôt de bilan du distributeur emblématique de produits culturels, qui emploie quelque 1 000 salariés dans 26 magasins en France.

La réunion, qui s'ouvre à 9h30, "va porter sur le projet de déclaration de cessation de paiement de l'entreprise", a indiqué la direction de l'enseigne. La procédure de cessation de paiement, engagée quand une entreprise n'est plus en mesure de régler ses créanciers, peut déboucher sur un redressement, mais aussi sur une liquidation judiciaire, c'est-à-dire la disparition pure et simple de l'entreprise.

L'avis des élus du comité d'entreprise sera sollicité sur ce projet, qui fait suite à des années de difficultés financières pour le groupe, dans un secteur bouleversé par la concurrence sur internet. Virgin avait déjà donné des signes de mauvaise santé financière en entreprenant fin décembre de résilier le bail de son magasin amiral sur les Champs-Elysées à Paris, alors qu'il génère 20% de son chiffre d'affaires.

Le déclin des grands magasins culturels

Les syndicats ont donc semblé accueillir la nouvelle sans grand étonnement. "Vu l'état des comptes, on s'y attendait à moitié", a ainsi expliqué Loïc Delacourt, élu CFE-CGC. Cela n'empêche par l'intersyndicale (CFTC, CFE-CGC, CGT, FO et SUD) d'assurer qu'ils seront "combatifs" et ne comptent "pas se laisser faire", les représentants du personnel ayant d'ores et déjà appelé à un rassemblement devant le magasin des Champs-Elysées mercredi.

Contrôlée depuis 2008 par la société d'investissements française Butler Capital Partners, Virgin est notamment victime, comme d'autres distributeurs spécialisés, de l'effondrement des marchés "physiques" du disque et du DVD, et de la concurrence des grands acteurs du web, comme Amazon ou Apple. Le groupe, issu à l'origine de l'empire Virgin du milliardaire britannique Richard Branson, a déjà enchaîné les fermetures de magasins et les réductions d'effectifs, avec 200 salariés en moins ces deux dernières années.

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