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Mory Ducros : la CFDT signe l'accord in extremis

Le paraphe du syndicat était nécessaire pour que le compromis déjà avalisé par d'autres organisations soit majoritaire.

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France Télévisions
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Un site du transporteur de colis Mory Ducros, à La Riche, près de Tours (Indre-et-Loire), le 22 novembre 2013. (MAXPPP)

Finalement, elle signe. La CFDT a décidé in extremis, mardi 4 février, de signer l'accord collectif sur le plan de restructuration de Mory Ducros, exigé par Arcole Industries, principal actionnaire de l'entreprise, candidat à la reprise du transporteur. En début de journée, elle avait suspendu sa signature au retrait des conditions suspensives imposées par le potentiel repreneur. 

Le responsable de la CFDT Transports, André Milan, a signé l'accord déjà approuvé par FO, la CFTC et la CFE-CGC, levant de facto la clause suspensive posée par le repreneur, qui maintient son offre.

Désaccord sur les critères de licenciement

A l'origine, le syndicat refusait d'avaliser la proposition de reprendre 50 agences sur 85 et sauvegarder 2 210 emplois sur plus de 5 000. Selon André Milan, secrétaire général de la FGTE-CFDT, majoritaire dans l'entreprise, l'élément bloquant dans le plan soumis à la signature est "le choix des critères de licenciement".

Les caractéristiques retenues "entraînent une sélection quasi-nominative des salariés licenciés. On veut des critères plus objectifs". Selon Rudy Parent, le délégué CFDT de Mory Ducros habilité à signer, "les ex-Ducros sont ciblés dans le plan social parce qu'ils ont une rémunération un peu supérieure à celle des ex-Mory (...). Ce n'est pas acceptable, c'est de l'abus", estime-t-il.

La CFDT divisée

Depuis plusieurs semaines, la CFDT était écartelée entre deux lignes : celle de la fédération des transports du syndicat, convaincue d'être allée "au bout du bout" des négociations, et celle de la section CFDT du transporteur, qui juge insuffisantes les conditions faites aux salariés licenciés.

La personne habilitée à signer l'accord, le délégué CFDT de Mory Ducros Rudy Parent, a pour sa part refusé d'apposer sa signature. Il a quitté la salle d'audience "furieux", selon Denis Jean-Baptiste, le secrétaire du CE. C'est André Milan, le patron de la fédération CFDT qui a pris la responsabilité d'approuver le plan de restructuration, permettant d'éviter ainsi une liquidation judiciaire directe. "On a obtenu des garanties supplémentaires sur le volontariat, le périmètre des agences [conservées] et les critères d'ordre des licenciements", a-t-il déclaré.

Cependant, plusieurs syndicalistes s'interrogent sur la validité de cette signature. Seuls les syndicats représentatifs d'une entreprise peuvent signer des accords collectifs, selon un juriste. Arcole Industries a maintenu, mardi, son offre de reprise. Le jugement sera rendu jeudi à 17 heures.

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