Ford Blanquefort : "On lance un appel au gouvernement et à Bruno Le Maire : lundi, ne validez pas ce plan social", demande le chanteur Cali

Le chanteur fait partie des artistes qui se produisent samedi soir à Bordeaux à l'occasion d'un concert de soutien aux ouvriers de l'usine menacée de fermeture.

Le chanteur Cali, le 26 août 2018.
Le chanteur Cali, le 26 août 2018. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

La salle des fêtes du Grand Parc, à Bordeaux, était pleine à craquer, samedi 2 mars dans la soirée, pour un grand concert de soutien aux ouvriers de l'usine Ford de Blanquefort. Le constructeur automobile a refusé cette semaine la dernière offre du seul repreneur potentiel de l'usine encore en lice. 850 emplois sont menacés. De nombreux artistes ont répondu présent : Les Hurlements d’Leo, The Hyènes, Balbino Medellin, Giorgia Sinicorni, et le chanteur Cali. "On lance un appel au gouvernement et à Bruno Le Maire : lundi, ne validez pas ce plan social", demande Cali sur franceinfo.

franceinfo : À quoi va servir ce concert ?

Cali : C'est un concert de solidarité, mais surtout de résistance. Avec les autres groupes, on a pu être avec les ouvriers, qui sont tous dépités. C'est une tragédie sociale de grande envergure, 850 familles sur le carreau. Que va-t-il se passer pour eux ? L'espoir n'est pas totalement évanoui : il y a une décision gouvernementale très attendue lundi. On saura si le gouvernement accepte ou non le plan social. Il peut le refuser, ce qui laisserait une marge, un sursis. Tout est encore jouable. On lance un appel au gouvernement et à Bruno Le Maire : lundi, ne validez pas ce plan social et montrez à Ford que vous pouvez tenir tête et défendre des ouvriers français dans une usine américaine. Ne baissez pas le pantalon, la France vous regarde.

Emmanuel Macron a dénoncé le cynisme de Ford et a assuré que l'Etat s'était battu, avait fait le maximum. Vous le croyez ou vous enragez d'entendre cela ?

C'est difficile d'y croire. La prise de parole de monsieur Macron était assez bizarre, lorsqu'il est passé par Bordeaux, il a déjà annoncé que c'était fini. Il parlait au passé alors que la décision est entre les mains du gouvernement. Le sursis, on l'attend, quand même ! Ils peuvent refuser le plan social, ainsi le bras de fer continuera avec les Américains.

De quoi parlent les chansons de ce samedi soir ?

Ce qui nous touche, c'est que la salle est pleine à craquer, il y a plein de gens dehors. C'est une chaîne humaine pour tous ces ouvriers de Ford. Avec les Hyènes je vais chanter mon répertoire. On va chanter du Clash, car si Joe Strummer était vivant, il serait avec nous à gueuler ce soir. On va chanter, se serrer fort, tout donner. Ces familles sont le reflet de ce qui se passe aujourd'hui. Ce qui se passe avec Ford aujourd'hui, ça se passe petit à petit sur beaucoup d'autres lieux. Il ne faut rien lâcher. Il faudrait que le milieu culturel vienne épauler ces gens, qui sont perdus, ne savent pas trop ce qui va se passer.