Belfort : d’Alstom à General Electric, une ville aux mille visages

Bassin d’emplois emblématique de l’Hexagone, Belfort (Territoire de Belfort) a beaucoup souffert mais a aussi su se réinventer.

France 3

Construit à Belfort (Territoire de Belfort), le TGV n’a durant longtemps pas desservi la ville. Avec le lion, il est l’un de ses emblèmes. "J’ai toujours travaillé sur le TGV. Le premier TGV qui est sorti, c’était quelque chose d’extraordinaire", confie Denis Jeangérard, ancien ouvrier Alstom. Pour les journalistes de France Télévisions, il se remémore ses années au sein de l’entreprise. "C’était assez courant de voir le père, le fils, travailler dans cette usine", raconte-t-il. La grève de 1979 pour le 13ème mois, soutenue à l’époque par toute la ville, a également marqué les esprits. 

Changement d’époque

En 2014, General Electric rachète la partie Énergie d’Alstom. Le géant américain supprime 1 000 emplois en cinq ans. Alors qu’une nouvelle vague de suppression d’emplois est attendue à la fin de l’année, la ville se prépare. "Belfort, c’était 4 500 salariés, maintenant plus que 3 400", déclare le délégué syndical CFE CGC - General Electric Philippe Petitcolin. Il pourra compter sur le soutien de EUROCFD, un bureau d’étude de la ville laissé pour compte depuis que l’entreprise américaine a décidé, en 2017, de se passer de ce service pour faire appel... À des ingénieurs en Inde.

Ces incidents ont des conséquences directes sur le pouvoir d’achat, le centre-ville qui "se paupérise", ainsi que l’indique un commerçant, ou encore l’immobilier. Touché mais pas coulé, Belfort a toutefois su se réinventer : l’université technologique de Belfort Montbéliard, qui travaille sur l’hydrogène et les piles à combustibles, est en pointe dans ses domaines sur la recherche européenne.

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Des employés de General Electric à Belfort, le 19 octobre 2019.
Des employés de General Electric à Belfort, le 19 octobre 2019. (SEBASTIEN BOZON / AFP)