"Si vous ratez les fêtes de Noël, c'est terrible" : les commerçants inquiets face à la grève

Les syndicats de commerçants et de l'hôtellerie craignent que le mouvement de grève perturbe les courses de fin d'année, essentielles pour eux. 

Des commerces dans le centre ville de Mulhouse en Alsace. 
Des commerces dans le centre ville de Mulhouse en Alsace.  (DAREK SZUSTER / MAXPPP)

Comme un sentiment de déjà vu par rapport à l'an dernier. Les commerçants s'attendent à un premier week-end de décembre mitigé en raison de la grève contre la réforme des retraites qui se poursuit. Les transports en commun sont encore très perturbés samedi et dimanche. De quoi affecter aussi les hôtels, les salons et les évènements festifs, comme lors du mouvement des "gilets jaunes" en fin d'année 2018.

"Tout va être bloqué"

Il y a un peu de lassitude dans la voix du patron des hôteliers à l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih). Laurent Duc se remémore les principaux évènements de l'année, pas très dynamisants pour le tourisme. "On a eu les grèves perlées de la SNCF, on a eu les 'gilets jaunes', se souvient-il. Là, le premier week-end où les gens commencent les courses de Noël, tout va être bloqué. À Lyon, où il y a la Fête des lumières, on a presque 30% d'annulation dans nos hôtels. Si vous ratez les fêtes, c'est terrible", conclut-il.

Le temps est également compté au salon "Noël en bio" qui a lieu le premier week-end de décembre porte de Versailles à Paris. Avec ses produits gastronomiques, le salon a ouvert ses portes vendredi au grand public. Cependant, les 150 exposants ont jusqu'à dimanche soir pour vendre leurs produits. "Mes exposants sont des producteurs, ceux qui viennent de plus loin arrivent d'Italie, affirme Lilas Carité, l'une des organisatrices. Ils ont plus de 1 000 kilomètres dans les pattes, c'est un terrible risque pour eux de venir trois jours à Paris, que ce soit les frais de routes, le logement ou pour leurs produits. Ils peuvent venir pour rien s'il n'y a pas de visiteurs", poursuit-elle.

Les commerçants face au mouvement de grève
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Leurs produits pourraient être mis à mal. Une palette de produits de la mer ou de fromage frais fera long feu si un transporteur est bloqué.Lilas Caritéà franceinfo

Les commerçants font face aux mêmes problèmes de circulation qu'en 2018. Leurs inquiétudes sont identiques à l'an dernier, car ils réalisent jusqu'à 20% de leur chiffre d'affaires annuel en décembre. La nuance cette année, c'est que les perturbations étaient annoncées. Les consommateurs en ont peut-être d'ailleurs tenu compte selon Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, qui représente les grands magasins et 450 enseignes. "Le black Friday a rencontré cette année un certain succès, dit-il. On peut imaginer que les clients savaient que cette manifestation du 5 décembre allait arriver, ce qui a pu permettre d'avancer dans les achats de Noël. Pour autant, la crainte est toujours là", tempère Yohann Petiot.

Selon le directeur général de l'Alliance du commerce, "si le blocage perdure, les clients qui doivent réaliser leurs achats iront plus facilement vers internet. Le risque est d'autant plus fort pour les magasins physiques dans cette période de manifestation". L'an dernier, les commerçants en ligne affirment avoir perdu 600 millions d'euros de chiffre d'affaires au plus fort des manifestations des "gilets jaunes".