Discothèques fermées : "300 ont déjà mis la clé sous la porte définitivement", affirme le député Modem Christophe Blanchet

L'élu du Calvados, ancien patron de boîte de nuit, demande au gouvernement la possibilité d'ouvrir certains établissements en "territoire vert" pour expérimenter le protocole sanitaire proposé par les syndicats.

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Radio France
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Un DJ en Allemagne. Photo d'illustration. (VOLKMAR HEINZ / ZB)

Une centaine de députés ont interpellé le gouvernement, mardi 29 septembre, sur la situation alarmante des discothèques. Ils réclament la réouverture des établissements fermés depuis le début du confinement. "300 ont déjà mis la clé sous la porte définitivement", déplore Christophe Blanchet, député MoDem du Calvados et ancien patron de discothèque, à l'origine de l'appel. Selon lui, il faut tenter "des expérimentations sur certains territoires en vert" en respectant le protocole sanitaire proposé par les syndicats pour lutter contre le Covid-19 et voir "dans quelle mesure c'est applicable".

franceinfo : Pourquoi cette demande ? Est-ce bien sérieux alors que l'épidémie connaît un regain ?

Christophe Blanchet : On est une centaine de députés depuis le 1er juin à demander que les protocoles que les syndicats ont proposé soient étudiés par le ministère de la Santé, ce qui aujourd'hui n'a toujours pas été fait. Je retourne la question : pourquoi ne pas ouvrir les discothèques aujourd'hui puisque les discothèques ont été fermées cet été sous prétexte qu'elles pourraient participer à la propagation du virus ? En l'occurrence, elles ont été fermées cet été et le virus s'est propagé au travers de fêtes clandestines, de soirées privées.

Il ne faut pas oublier que 80% des clusters qui ont eu lieu cet été sont issus de mariages et de fêtes privées et d'anniversaire.

Christophe Blanchet

à franceinfo

Donc, on alerte aujourd'hui à l'Assemblée nationale, pour dire que la loi qui arrive jeudi dans l'hémicycle sur l'état d'urgence, si elle est votée telle-quelle, soumet les discothèques à une fermeture jusqu'au 1er avril. Comment est-ce qu'on peut imaginer le 1er avril, sachant que les aides sont attribuées jusqu'au 31 décembre ? Comment se fait-il qu'on ne s'appuie pas sur elles avec leur protocole plutôt que d'accepter la clandestinité des soirées qui se font à gauche, à droite, partout sur le territoire ? 

À moins de faire un couvre-feu généralisé pour toute la vie nocturne et la vie des citoyens à 22 heures, je ne vois pas comment on peut imaginer que la population ne trouvera pas le moyen de s'amuser dans des soirées privées en appartement ou dans des lieux privés loués à cet effet et qui sortent du cadre réglementaire. Donc, il y a vraiment un bon sens à retrouver parce qu'il y a beaucoup d'incompréhension aujourd'hui et la situation devient très, très anxiogène.

Quel est le protocole sanitaire proposé par les professionnels des discothèques ?

Les syndicats nous ont soumis dès le mois de juillet un protocole avec une prise de température à l'entrée de chaque client, avec une prise d'identité systématique de chaque client, prise de numéro de téléphone ou téléchargement de l'application StopCovid, avec placement de chaque client au niveau de tables, déplacements masqués lorsqu'ils veulent aller aux sanitaires ou autre part. Avec aussi une diminution de la capacité d'accueil, dans un premier temps à 50%, voire 70%.

Pourquoi est-ce qu'on ne tente pas des expérimentations sur certains territoires en vert aujourd'hui pour voir dans quelle mesure c'est applicable ?

Christophe Blanchet

à franceinfo

Rappelons que depuis le 16 mars, les discothèques n'ont pas touché d'argent. Certes, nous avons obtenu un fonds de solidarité au mois de juillet pour ces 1600 professionnels qui emploient un peu plus de 40.000 personnes en France, pour qu'ils puissent déjà au moins finir de payer leurs charges. Mais il y a des menaces réelles aujourd'hui sur ces personnes qui sont à bout de nerfs, qui sont à bout de souffle, à bout d'énergie aussi, parce qu'elles ne voient pas le bout du tunnel, parce qu'elles ne voient que de l'argent sortir de leur établissement, de leur trésorerie et leurs comptes personnels et des saisies de leur maison et de leurs biens immobiliers.

Les aides gouvernementales, pour l'instant, ne suffisent pas pour les discothèques ?

Les emplois sont menacés. Le chômage partiel est maintenu à 100%. Mais si on ne les accompagne pas financièrement aujourd'hui, elles seront en dépôt de bilan. 300 ont déjà mis la clé sous la porte définitivement.

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