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Vidéo "Je suis son papa, je ne changerai jamais ma place" : après avoir tué la mère de son fils, il avait conservé l'autorité parentale

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Durée de la vidéo : 3 min.
Complément d'enquête. Quand un père qui a tué la mère de son fils conserve l'autorité parentale
Article rédigé par
France Télévisions

Un homme qui a tué la mère de son enfant est-il à même de l'élever ? Depuis son lieu de détention, Laurent décide de tout ce qui concerne son fils. Il a répondu aux questions de "Complément d'enquête". En septembre 2019, les modalités d'exercice de l'autorité parentale ont été révisées, prévoyant sa suspension automatique pour les auteurs de féminicides.

Paul a perdu sa mère quand il n'avait pas encore sept ans. Elle a été tuée par son père, qui a été condamné à vingt-trois années de détention. L'enfant a été élevé par ses grands-parents paternels. Incarcéré à une dizaine de kilomètres de chez eux, Laurent a continué à voir son fils. Paul, qui a maintenant 13 ans et demi, ne souhaite d'ailleurs pas que leur lien soit rompu. Plusieurs fois par mois, il rend visite à son père en prison.

Ce détenu modèle n'a qu'un objectif en tête : obtenir un aménagement de peine, et sortir au plus vite pour élever son enfant. En attendant, il s'occupe de tout ce qui concerne Paul – soins médicaux, choix de l'école, voyages – depuis la prison, par téléphone (auquel il a accès quand il le désire). 

Un père qui a tué la mère de son enfant peut-il être un bon père ? "Oui, je le pense, répond Laurent à Nathalie Sapena, qui l'interroge par téléphone pour "Complément d'enquête". Je suis son papa, je reste à ma place, tout simplement. Je ne changerai jamais ma place." Très présent dans la vie de son fils, Laurent prend au sérieux son rôle de père. La justice le légitime dans ce rôle puisqu'elle lui a laissé l'autorité parentale. 

Une avocate dénonce des "situations ubuesques"

Cette décision de justice est incompréhensible pour l'avocate chargée de défendre les intérêts de Paul. Celle-ci dénonce une "situation ubuesque où, alors que Laurent est responsable du préjudice subi par Paul, il est celui qui est censé gérer l'argent qui va être engendré par ce préjudice… C'est : 'je fais gagner de l'argent à mon fils grâce au meurtre de sa mère', ça paraît incongru."

Depuis, la question du féminicide s'est imposée dans la société française. En septembre 2019, les modalités d'exercice de l'autorité parentale ont été révisées : sa suspension automatique est désormais prévue pour un père accusé d'avoir tué la mère de son enfant. Dans le cas de Laurent, la justice a demandé son retrait.

Extrait de "Papa a tué maman", un reportage à voir dans "Complément d'enquête" le 5 mars 2020.

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