"Nous serons nombreux dans la rue" : les avocats demandent à ce que la réforme de la justice soit intégrée dans le grand débat national

Les robes noires se mobilisent en vain depuis des semaines contre le projet de réforme de la justice. Les bâtonniers ont fini par envoyer une lettre à Emmanuel Macron pour demander la suspension du projet de loi, mais aussi que les questions sur l'avenir de la justice soient intégrées au grand débat national.

Des avocats manifestaient à Paris, le 9 octobre 2018.
Des avocats manifestaient à Paris, le 9 octobre 2018. (- / AFP)

Avocats, magistrats, greffiers de toute la France vont défiler mardi 15 janvier dans Paris. La manifestation partira de Saint-Michel à 11h30 direction les Invalides qu’elle prévoit de rejoindre vers 13 heures, le jour où le projet de réforme de la justice arrive en deuxième lecture à l'assemblée, du 15 au 21 janvier. Une grève des audiences est aussi annoncée dans plusieurs barreaux. 

De nombreux points du texte hérissent les avocats

Dans le projet de loi, de nombreux points hérissent les avocats, entre autres, le fait que le directeur de la caisse d'allocations familiales et non plus nécessairement un juge, puisse statuer sur la révision d'une pension alimentaire, la dématérialisation de nombreuses procédures alors que les avocats rappellent que 10 millions de Français n'ont pas d'ordinateur, ou encore l'expérimentation d'une cour départementale sans jury populaire pour certains des crimes jusqu'alors jugés aux assises.

Les avocats réclament aussi des moyens pour la Justice. Tout cela, ils l'ont écrit dans leur lettre ouverte à Emmanuel Macron. Objectif : suspendre les débats parlementaires qui reprennent mardi. "Nous serons nombreux dans la rue puisque nous avons à nos côtés les magistrats, les greffiers, le personnel de justice et même des Français, des représentants, des justiciables qui viennent manifester à nos côtés, assure Me Marie-Aymé Peyron, bâtonnière de Paris. Je dirais que ce texte fait l’unanimité contre lui. Donc nous demandons à ce qu’il soit intégré dans le débat public."   

Il n’y a strictement aucune raison que, dans le cadre du grand débat national, il soit question de justice sociale, de justice fiscale et pas de justice tout court !Me Marie-Aymé Peyronà franceinfo

En avril dernier, la première journée nationale d'action des robes noires contre ce projet de loi avait réuni 4 000 personnes selon la police, 7 000 selon les organisateurs, persuadés d'être plus nombreux mardi, avec la colère accumulée ces derniers mois en l'absence, disent-ils, de réel dialogue avec le gouvernement.