Les politiciens sont-ils dans le viseur de la justice ?

La multiplication des affaires politico-judiciaires pose la question de l'"agressivité" des magistrats envers les personnalités politiques. De quoi en déduire qu'il y a plus d'affaires qu'avant ? France 2 tente de répondre à cette question.

FRANCE 2

Mélenchon, ferrand, Balkany. En une semaine, les affaires se sont succédées, toutes n'ayant évidemment pas la même nature et gravité, mais cela peut poser la question d'un acharnement de la justice envers les élus de la République. Depuis le début des années 2010, une vingtaine de dossiers politico-judiciaires, impliquant des personnalités de premier plan, ont été ouverts. Néanmoins, le phénomène n'est pas nouveau.

Pas plus d'affaires, mais moins de "frilosité"

"Peut-être qu'on en parle plus, mais il n'y en a pas plus", assure Bertrand Mathieu, professeur de droit à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. "On pourrait évoquer l'affaire Boulin, où on a quand même un ministre qui est assassiné, l'affaire Bérégovoy", rappelle-t-il. "Le niveau d'exigence de la population et des magistrats est probablement plus élevé, mais je ne crois pas qu'il ait plus d'affaires", démontre-t-il.

De l'avis des observateurs, les magistrats sont plus rigoureux, notamment grâce au parquet national financier. "Il y avait une frilosité, une pusillanimité chez nombre de magistrats, qui faisait qu'on n’allait pas gêner les puissants", se rappelle Éric de Montgolfier, ancien procureur qui avait notamment fait face à Bernard Tapie dans les années 1990. "Parce qu'il faut le dire, ce sont les puissants qui nous nomment. Ce sont les puissants qui font nos carrières", explique-t-il. Mais les juges vont-ils trop loin aujourd'hui

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Vue sur la nouvelle cité judiciaire dans le 17e arrondissement à Paris, le 17 avril 2018.
Vue sur la nouvelle cité judiciaire dans le 17e arrondissement à Paris, le 17 avril 2018. (ALAIN JOCARD / AFP)