Guerre antidrogue aux Philippines : la Cour pénale internationale va enquêter sur les milliers de meurtres commis par les forces de l'ordre

Les derniers chiffres officiels font état d'au moins 6 181 morts et plus de 200 000 opérations antidrogue au sein de l'archipel asiatique, mais les défenseurs des droits humains estiment que le nombre réel de tués est bien plus élevé. 

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Des enquêteurs de la police inspectent le corps d'un trafiquant de drogue présumé tué par la police lors d'une opération de lutte contre la drogue à Manille, aux Philippines, le 8 juin 2018.  (EZRA ACAYAN / NURPHOTO / AFP)

La Cour pénale internationale (CPI) a autorisé, mercredi 15 septembre, une enquête sur la guerre antidrogue du gouvernement philippin, marquée par des milliers de meurtres commis par les forces de l'ordre pouvant constituer, selon les juges, des crimes contre l'humanité.

Fondée en 2002 pour juger des pires atrocités commises dans le monde, la cour, concluant qu'il existe une "base raisonnable" permettant de parler de crimes contre l'humanité, a donné son feu vert à l'ouverture d'une enquête malgré le retrait de Manille de la CPI en 2019, suite à l'ouverture d'un examen préliminaire sur ces violences.

La CPI a précisé que la "campagne dite de 'guerre contre la drogue' ne peut être considérée comme une opération légitime de maintien de l'ordre, et les meurtres ne peuvent être considérés ni comme légitimes, ni comme de simples excès dans le cadre d'une opération par ailleurs légitime".

Entre 12 000 et 30 000 personnes tuées 

Le président philippin Rodrigo Duterte avait été élu en 2016 après une campagne sécuritaire outrancière, promettant d'éradiquer le trafic de drogue en faisant abattre des dizaines de milliers de délinquants.

Les derniers chiffres officiels font état d'au moins 6 181 morts et plus de 200 000 opérations antidrogue au sein de l'archipel asiatique, mais les défenseurs des droits humains pensent que le nombre réel de tués est bien plus élevé.

Les procureurs de la CPI estiment, dans des documents judiciaires, qu'entre 12 000 et 30 000 personnes ont été tuées. Selon ces derniers, Manille n'a pas nié que des personnes ont péri durant des opérations de police, mais "a plutôt constamment soutenu que ces décès étaient le résultat d'agents agissant en état de légitime défense".

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