Conditions de garde à vue indignes : "C'est la totalité des locaux qui sont à revoir", affirme le Syndicat des commissaires de la police nationale

Le secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale estime que les mauvaises conditions de garde à vue sont dues avant tout au "comportement des délinquants" ainsi qu'au manque de cellules.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Une cellule de garde à vue dans les bâtiments de la police judiciaire à Paris, en 2017. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"Ce n'est pas nouveau, je vous le confirme", déclare David Le Bars, le secrétaire général du SCPN, le Syndicat des commissaires de la police nationale, mardi 21 septembre sur franceinfo concernant le rapport de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté dénonçant "l'indignité" des conditions d'accueil dans les locaux de garde à vue. Mais pour David Le Bars, "c'est la totalité des locaux dans lesquels travaillent les policiers qui sont à revoir" et leurs "conditions de travail tellement dégradées".

"On ne peut pas se satisfaire de tout cela."

David Le Bars

à franceinfo

"Il y a sans doute eu au prorata des mètres carrés plus d'argent mis dans les cellules de garde à vue que dans les locaux dans lesquels travaillent les policiers", dénonce David Le Bars. Il reconnait toutefois qu'"on ne peut pas se satisfaire de tout cela", tout en insistant sur le fait qu'il "ne faut pas se tromper de responsable". "En région parisienne, l'état des cellules de garde à vue c'est avant tout dû à la manière dont les délinquants se comportent. Il faut aussi dénoncer cette réalité", a-t-il poursuivi. Il a évoqué des comportements "de plus en plus irresponsables", avec des détenus qui "rentrent des objets dans leurs parties intimes, les ressortent, s'en prennent aux matelas, aux couvertures et qui parfois créent des incendies volontaires".

En revanche, il reconnait toutefois que les problèmes de promiscuité mis en avant par le rapport est "la faute de la puissance publique", c'est également "la faute d'une chaîne pénale complètement saturée". "Quand vous avez deux cellules de garde à vue dans un commissariat qui en reçoit 20 à 30 par jour, effectivement, vous vous retrouvez avec des conditions qui font que parfois il y a 5-6 personnes, parfois 10 personnes dans une cellule de garde à vue."

La solution doit être "immobilière"

Après 25 ans passés dans les services de police, David Le Bars a estimé que "la situation est en amélioration mais jamais sur le plan de la quantité". Selon lui, il y a eu "énormément d'argent investi" dans les cellules de garde à vue, pour qu'elles soient mises aux normes avec des sanitaires, des matelas, des couvertures, des repas, mais "le problème c'est la capacité des commissariats à absorber ce flux". "On a investi pour mettre aux normes mais on n'a pas investi pour avoir une capacité suffisante, ce sujet-là reste en plan", a-t-il déploré.

Selon David Le Bars, "il faut aider les services de police en termes de capacité immobilière" et "permettre à la police de procéder à des fouilles au corps systématiques".

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Droit et justice

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.