Camaïeu : deux offres globales de reprise déposées mais jugées insuffisantes par le tribunal de commerce de Lille

Le tribunal de commerce attend des candidats à la reprise qu'ils étoffent leur offre, notamment sur leur financement. Une nouvelle audience est fixée au 24 juillet.

Un magasin Camaïeu de Lille (Nord).
Un magasin Camaïeu de Lille (Nord). (SEBASTIEN JARRY / MAXPPP)

Deux offres de reprise globale de l'enseigne de prêt-à-porter Camaïeu, placée en redressement judiciaire, ont été examinées mercredi 1er juillet par le tribunal administratif de Lille (Nord). Mais pour l'instant, elles sont jugées insuffisantes, selon les informations de France Bleu Nord. Sept offres ont été déposées pour reprendre la société placée en redressement judiciaire le 26 mai, en pleine crise du coronavirus. En France, Camaïeu emploie 3 230 salariés, dont 600 à Roubaix où se trouvent le siège et l'entrepôt de l'entreprise, et 632 magasins. 

La première offre globale vient des actuels actionnaires de Camaïeu, la Financière Brame. Elle propose une reprise à hauteur de deux millions d'euros. 30 millions d'euros de fonds propres et 45 millions par la sollicitation d'un prêt garanti par l'Etat (PGE) seraient injectés dans l'entreprise. Cette offre entraînerait la fermeture de 250 magasins et la suppression de 1 246 emplois, dont 116 à Roubaix. Mais elle n'est pas recevable en l'état, étant assorties de conditions suspensives.

Le tribunal attend des offres plus étoffées, les syndicats dénoncent une forme de "casse sociale"

La seconde offre a été faite par la Financière immobilière bordelaise, détenue par l'industriel Michel Ohayon qui avait eu un projet immobilier de grande ampleur à Lille il y a quelques années. Cette offre propose d'acquérir Camaïeu pour deux fois un euro symbolique. Sur le plan social, elle propose de garder 500 points de vente sur les 632 que compte l'entreprise. 515 emplois seraient supprimés.

Le tribunal de commerce attend des candidats à la reprise qu'ils étoffent leur offre, notamment sur leur financement. Une nouvelle audience est fixée au 24 juillet. Pour l'avocat des salariés de Camaïeu, maître Stéphane Ducrocq, "les deux offres génèrent une forme de casse sociale importante". Les représentants des salariés de Camaïeu s'inquiètent actuellement du manque de trésorerie de l'entreprise. Selon eux, les salaires du mois d'août pourraient ne pas être versés.