"Beaucoup de femmes attendaient" la mise en examen pour viols de Tariq Ramadan, déclare l'avocat d'une des plaignantes

La mise en examen de Tariq Ramadan pour viols va permettre à "beaucoup de femmes" soit d'"apporter un témoignage plus précis", soit à leur tour de "déposer plainte" a déclaré vendredi sur franceinfo l'avocat d'une des plaignantes, Grégoire Leclerc.

Henda Ayari, l\'une des deux femmes, qui accusent de viols l\'islamologue Tariq Ramadan, à Paris, le 24 novembre 2017.
Henda Ayari, l'une des deux femmes, qui accusent de viols l'islamologue Tariq Ramadan, à Paris, le 24 novembre 2017. (JOEL SAGET / AFP)
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Grégoire Leclerc, avocat d'Henda Ayari, l'une des deux femmes, qui accusent Tariq Ramadan de viols, estime vendredi 2 février sur franceinfo que "beaucoup de femmes attendaient la mise en examen" de l'islamologue. L'islamologue suisse Tariq Ramadan a été mis en examen pour "viol et viol sur personne vulnérable", a appris franceinfo de source judiciaire. Il a été incarcéré dans l'attente d'un débat, qu'il a sollicité, sur son placement en détention provisoire.

franceinfo : Êtes-vous satisfait de cette décision ?

Me Grégoire Leclerc : Une satisfaction non. C'est une première étape importante. Elle permet aux victimes de prendre une place dans l'enquête, de prendre une place active. A partir du moment où une instruction est ouverte, nous, avocats des victimes, nous avons accès au dossier. Cela va nous permettre de mettre un pied plus important dans l'enquête. Et que [ma cliente] ait pu être reconnue en qualité de victime à ce stade de l'enquête, c'est une très bonne chose et pour elle c'est très important.

Pensez-vous que la justice a pris grand soin de ce cas compte tenu de la personnalité de Tariq Ramadan ?

Oui, mais aussi parce que le dossier est solide. Je pense que beaucoup de femmes attendaient cette mise en examen, soit pour apporter un témoignage plus précis, soit à leur tour pour déposer plainte. Elles sont nombreuses à avoir croisé la route de M. Ramadan, en tout cas nous avons des éléments qui nous permettent de le croire.

Pensez-vous que cette affaire, au-delà du cas de Tariq Ramadan, va inciter davantage de femmes victimes de viol à porter plainte ?

Je l'espère. C'était d'ailleurs l'intention originelle de Madame Ayari. On peut avoir été victime d'une personne célèbre, installée sur la place publique, mais en tant que femme, à partir du moment où celui-ci a eu des comportements plus que déplacés à votre encontre, vous avez les moyens de combattre tout cela sur le plan judiciaire et de faire porter votre voix.