Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil : "les supports changent mais l'intérêt pour l'information reste vif"

Selon les témoignages recueillis au rendez-vous de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, les adolescents suivent l'actualité, mais très différemment de leurs aînés.

Illustration d\'une adolescente sur son téléphone, le 7 novembre 2018.
Illustration d'une adolescente sur son téléphone, le 7 novembre 2018. (LUC NOBOUT / MAXPPP)

Le Salon de Montreuil (Seine-Saint-Denis), ouvert jusqu'à lundi 3 décembre, permet de s'interroger sur les façons dont les plus jeunes s'informent aujourd'hui. En 2018, le livre jeunesse continue de représenter le quart du marché du livre français, mais ce n'est pourtant pas grâce au papier que les adolescents s'informent le plus.

Les réseaux sociaux, les sites de vidéo en ligne, les revues destinées à la jeunesse et les infos des radios musicales sont les moyens privilégés par les adolescents et les pré-adolescents pour s'informer. On parle à peine des journaux télévisés ou de la presse quotidienne nationale ou régionale. Un constat qu'on retrouve dans les allées du Salon de Montreuil, les ados sont informés mais à leur rythme et leur manière. 

Pas de grand-messe du 20 heures

"Est-ce qu'ils s'intéressent à l'information comme nous on l'entend ?, se questionne Hawa Tirema, chargée du stand du syndicat des éditeurs de la presse. Oui, mais pas de la même façon. L'information passe par beaucoup d'intervenants dans les magazines comme les youtubeurs qui vont donner des informations, mais regarder le journal comme nous on l'entend, non, ce n'est pas leur truc, je ne pense pas."

Quelques magazines ciblés, mais peu ou pas de journaux, surtout pas de grand-messe du 20 heures, mais globalement des jeunes quand même informés.

La manière de consommer ou d'avoir accès à l'information a sans doute changé au cours des dernières années mais l'attrait pour le monde qui les entoure et donc pour un rapport à l'information et aux faits est toujours très présent, voire peut-être plus qu'à notre époquePhilippe GargaudJournaliste au magazine Pif

Une préférence pour le web

Dans la jungle des différents médias d'information, les adolescents butinent mais avec une évidente préférence pour le web, comme le souligne cette jeune fille : "Quand je fais une recherche sur Google, souvent il y a des titres d'articles qui apparaissent et si quand ça m'intéresse je vais les lire. Souvent des trucs sur les stars, mais aussi la politique. Ou alors ce sont mes parents qui m'informent des choses, aussi". Et quand on lui demande ce que sont les "gilets jaunes", elle répond : "Je sais ce que c'est, mais je n'en parle pas à l'école. Ce n'est pas un sujet très intéressant quand on est avec les copains".

Une "question de générations"

Concernant l'avenir - c'est le thème retenu pour la 34e édition du Salon de Montreuil -, le constat est plutôt optimiste. "Les supports changent mais l'intérêt pour l'info reste vif", note Émilie Morlais, professeur et documentaliste dans un collège du Pré-Saint-Gervais. "Ils s'intéressent beaucoup à beaucoup de choses mais ce n'est pas forcément si évident à suivre. Ce sont des questions de générations. Quand ils auront une dizaine ou une vingtaine d'années de plus, ils auront du mal à suivre les centres d'intérêt particuliers des jeunes de leur époque", conclut-elle.

Les adolescents et l'info - Reportage de Gilbert Chevalier
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