L'Unesco inscrit le reggae jamaïcain sur la liste du patrimoine culturel de l'humanité

L'Unesco a souligné "la contribution" du reggae jamaïcain à la prise de conscience internationale "sur les questions d'injustice, de résistance, d'amour et d'humanité", jeudi.

Le chanteur jamaïcain de reggae Bob Marley, en 1980. 
Le chanteur jamaïcain de reggae Bob Marley, en 1980.  (MARCELLO MENCARINI / AFP)

Un art désormais reconnu par l'Unesco. La musique reggae de Jamaïque a été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, jeudi 29 novembre, par un comité spécialisé de l'Unesco réuni à Port-Louis, à l'Ile Maurice. 

Elle a souligné "la contribution" de cette musique à la prise de conscience internationale "sur les questions d'injustice, de résistance, d'amour et d'humanité", et sa dimension à la fois "cérébrale, socio-politique, sensuelle et spirituelle", grâce à des artistes comme Bob Marley. 

Le reggae rejoint ainsi une liste de quelque 400 traditions culturelles – des chants, danses, spécialités gastronomiques ou célébrations – allant de la pizza napolitaine au zaouli, musique et danse des communautés gouro de Côte d'Ivoire. 

Le symbole de "nombreux combats"

Le reggae, dont la candidature était portée par la Jamaïque, a émergé à la fin des années 1960. Style musical issu du ska et du rocksteady, il a aussi intégré des influences du jazz et blues d'Amérique. 

Cette musique est vite devenue populaire aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, importée par les nombreux immigrés jamaïcains après la Seconde Guerre mondiale. Comme le note France Inter, "le reggae symbolise de nombreux combats contre les inégalités, de nombreuses luttes à travers l'histoire", telles que "la rébellion des peuples opprimés".

Le reggae est indissociable du rastafarisme, mouvement spirituel qui sacralise l'empereur éthiopien Haïlé Sélassié et promeut l'usage de la ganja, ou marijuana. Le titre War de Bob Marley a ainsi été inspiré par le discours à l'ONU de l'empereur en 1963, rappelle France Inter.