"La difficulté la plus grande, c’est la visibilité" : ces maisons d'édition qui se lancent malgré le Covid-19

Le secteur de l'édition, comme l'ensemble du monde culturel, est bouleversé par la crise sanitaire. Cela n'a pas empêché certains de se lancer dans l'aventure, malgré les risques financiers et la difficulté de se faire connaître. 

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Radio France
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Illustration librairie. (LOIC VENANCE / AFP)

L'année 2020 a été, on le sait, particulièrement difficile pour le monde de la culture, dont le secteur du livre. Ce qui n'a pas empêché, depuis le début de la pandémie de Covid-19, des maisons d'édition - souvent petites - de se lancer en France pour un bilan contrasté un an après.

Après plusieurs années passées chez Geste Editions, une maison qui édite, diffuse et distribue des livres dans les régions de l'ouest, Romain Naudin, qui en était le directeur éditorial, décide début 2020 de lancer Faubourg Marigny. Mais en raison de la pandémie, Geste perd près d'un tiers de son chiffre d'affaires sur l'année.

Pas de quoi le décourager pour autant, même s'il préfère attendre mars 2021 pour éditer ses deux premiers romans. "Dans de telles circonstances, si on s'était lancés à ce moment-là, ça aurait été une catastrophe. On n’avait pas les reins assez solides pour tenir. Notre groupe existe depuis 30 ans donc on a assez de pérennité pour tenir un an mais pas deux, c’était impossible. Autant dire qu’on se posait des grosses questions et on se demandait si on allait continuer ou pas."

"Se lancer en équipe"

Aujourd'hui, Faubourg Marigny est lancé et vise un rythme de croisière tranquille et confidentiel, soit une douzaine d'ouvrages édités par an. Mais Romain Naudin le reconnaît, sans l'assise financière et l'expérience de son groupe d'origine, il aurait été très compliqué au regard de la période de débuter cette aventure.

Même sentiment pour la dessinatrice Lisa Mandel, qui a lancé en novembre dernier, pendant le deuxième confinement, Exemplaire, une maison d'édition basée sur le financement participatif, voulant donner une rétribution plus juste aux auteurs. "Je pense surtout qu’il ne faut pas se lancer seul, conseille-t-elle. Ce projet fonctionne, pour l’instant, parce que l’on a été tout un groupe d’auteurs à s’engager dans cette structure. Si j’étais arrivée toute seule avec mon projet, ça se serait cassé la figure. Il faut se lancer avec une équipe."

"Ça fait vingt ans que je fais de la BD, il est clair que le réseau que j’ai m’a largement aidée à pouvoir concrétiser ce projet. Ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu faire à 20 ans, je n'aurais eu aucune crédibilité."

Lisa Mandel, dessinatrice

à franceinfo

Il faut donc un certain réseau, un fonds de départ et être très actif sur les réseaux sociaux pour réussir à s'implanter ou simplement survivre dans ce monde très concurrentiel qu'est l'édition.

Sans oublier le bouche-à-oreille et un brin de chance, aussi. Marina Anca, autrice passée autrefois par le secteur de la mode, a fondé Blinkline Editions, mais elle peine encore à se faire connaître : "La difficulté la plus grande, c’est la visibilité. Une agence de presse, je n'en ai pas les moyens. Les publicités dans les journaux, c’est de l'ordre de 2 500 euros. Et un distributeur ne veut pas ouvrir de compte si on ne produit pas plus de 1 000 exemplaires et si on n’a pas déjà un catalogue d’au moins cinq livres. Donc c'est très difficile."

Tous le reconnaissent, la pandémie de Covid a rebattu pas mal de cartes dans l'édition et passer par les réseaux sociaux pour se vendre ou attirer l'attention est devenu une démarche incontournable.

Ces petites maisons d'édition qui se lancent malgré la pandémie - Reportage de Matteu Maestracci
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