"Ce qu'il y a à raconter, c'est le moment que l'on traverse" : la série "Baron noir" revient pour une troisième saison

La série "Baron noir", qui imagine avec justesse la vie politique française, fait son retour sur Canal + pour une troisième saison. Dans le rôle principal, Kad Merad est toujours aussi impérial.

Niels Arestrup, Kad Merad et Anna Mouglalis, qui tiennent les rôles principaux de la série \"Baron noir\", diffusée sur Canal+ début 2016.
Niels Arestrup, Kad Merad et Anna Mouglalis, qui tiennent les rôles principaux de la série "Baron noir", diffusée sur Canal+ début 2016. (MATHIEU ZAZZO / CANAL PLUS)

"Ce qu'il y a à raconter, c'est le moment particulier que l'on traverse en Europe, Outre-Atlantique et dans le monde entier, raconte Éric Benzekri, ancien conseiller de Jean-Luc Mélenchon et Julien Dray, et scénariste de Baron noir. C'est la confrontation entre la démocratie représentative et la démocratie des réseaux sociaux. Pour la première fois dans l'histoire de la planète vous avez des milliards de personnes qui ont un accès direct à la parole et ça change tout", poursuit-il. La série revient dès lundi 10 février sur Canal + pour une troisième saison qui imagine avec toujours autant d'acuité la vie politique française.

"C'est un homme qui a toujours été dans l'ombre et qui d'un coup peut se montrer"

Kad Merad tient toujours son rôle de Philippe Rickwaert, un tacticien issu du parti socialiste. La série fait apparaître une nouvelle voix dans le rapport droite-gauche à travers un nouveau personnage qui fait penser au blogueur Étienne Chouard et au "gilet jaune" Eric Drouet.

Dans cette nouvelle saison, le personnage de Kad Merad passe de conseiller occulte à la lumière. "Quand Éric m'a dit que l'on traiterait la campagne présidentielle, j'ai découvert une autre facette du personnage, raconte l'acteur. C'est un homme qui a toujours été dans l'ombre et qui, d'un coup, peut se montrer, peut travailler à la lumière. Cela lui donne une autre posture, il se tient plus droit, il a plus le nez en l'air, il se cache moins", affirme Kad Merad.

Fasciné par l'animal politique

Ce rôle est campé de façon impériale, sans doute parce que Kad Merad est fasciné par l'animal politique : "Ce sont des gens très solitaires en fait. Ils peuvent se retrouver tous seuls du jour au lendemain, sans plus personne autour d'eux. Je regarde les interviews politiques, mais ce qui m'intéresse ce n'est pas tellement ce que l'on voit à la télévision, c'est ce qu'il y a avant et après. Avant de venir à la télé, et après le débrief, ce qu'ils disent, etc."

Cette troisième saison est toujours plus politique. Elle n’hésite pas à évoquer des idées audacieuses comme celle du référendum. Avec son débit très rapide, elle s’apparente parfois à des cours de constitution, ce que revendique d'ailleurs Éric Benzekri : "C'est intéressant, c'est la Constitution de la France, je trouve ça bien de pouvoir donner à réfléchir à partir de ces thèmes-là et de populariser tout cela. Mon travail c'est de rendre ça intelligible."

Cette troisième saison est pleine de surprises avec François Morel, étonnant dans un rôle qui rappelle Jean-Luc Mélenchon, et Kad Mérad impressionant dans ses calculs et ses doutes.

La série "Baron noir" revient pour une troisième saison - Le reportage de Laurent Valière
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