Ariane Mnouchkine et Jean-Philippe Daguerre, grands gagnants des Molières 2018

La fondatrice du Théâtre du Soleil a été sacrée lundi en son absence meilleure metteure en scène lors de la 30e édition des Molières. 

Le metteur en scène Jean-Philippe Daguerre reçoit le Molière du meilleur auteur pour \"Adieu Monsieur Haffmann\", le 28 mai 2018, à la salle Pleyel, à Paris.
Le metteur en scène Jean-Philippe Daguerre reçoit le Molière du meilleur auteur pour "Adieu Monsieur Haffmann", le 28 mai 2018, à la salle Pleyel, à Paris. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Elle n'était pas présente mais a incontestablement été la reine de la soirée. Ariane Mnouchkine, fondatrice du Théâtre du Soleil, a été sacrée, lundi 28 mai en son absence, meilleure metteure en scène à la 30e édition des Molières pour Une chambre en Inde, écrite sur fond des attentats à Paris.

Elle a également obtenu le Molière de la meilleure pièce du théâtre public. Celle-ci met en scène une troupe qui se retrouve en Inde alors que les attentats frappent Paris, et détourne l'horreur des attentats par le rire pour tenter de mieux l'appréhender.

Le sacre de Jean-Philippe Daguerre 

Deuxième grand vainqueur de cette soirée : Adieu Monsieur Haffman, pièce émouvante sur un juif caché dans une cave dans la France de Vichy, signée Jean-Pierre Daguerre. Ce dernier a empoché deux Molières, celui de la meilleure pièce du théâtre privé et celui de l'auteur francophone vivant. Deux comédiens de sa pièce, Julie Cavanna et Franck Desmedt, ont remporté un prix pour leur interprétation.

Jean-Pierre Darroussin décroche, lui, le Molière du comédien dans un spectacle de théâtre privé pour une reprise d'Art, pièce à succès de Yasmina Reza. Le metteur en scène Joël Pommerat, qui avait obtenu en 2016 le Molière de la meilleure pièce du théâtre public, repart avec trois Molières, notamment celui du meilleur metteur en scène d'un spectacle privé (Cendrillon).

Jacques Gamblin obtient le Molière du comédien dans un spectacle de théâtre public pour 1 heure 23'14'' et 7 centièmes, coécrit avec Bastien Lefèvre. Vous n’aurez pas ma haine, récit poignant du journaliste Antoine Leiris après la mort de sa femme au Bataclan en novembre 2015, remporte le prix du Seul en scène.

"Je le savais, c'est moi"

Dans le théâtre de l'humour, Blanche Gardin, seule femme dans cette catégorie, l'a emporté face à Jamel Debbouze et Jérôme Commandeur. Présentant elle-même la catégorie, elle a provoqué une cascade de rires dans le public en ouvrant l'enveloppe annonçant le vainqueur : "Je le savais, c'est moi", a-t-elle dit.

Ironisant sur l'intérêt accru porté aux femmes après les scandales de harcèlement sexuel, elle s'est exclamée : "Je suis la seule femme [nommée] l'année de l'affaire Weinstein, c'est trop. Le jour où j'ai un prix, il n'a aucune valeur."