Rupture du contrat de sous-marins par l'Australie : "Ça fait partie du jeu dans les exportations d'armement", estime une spécialiste

La directrice du programme de recherche industrie de l’armement et dépenses militaires au Stockholm International Peace Research Institute estime que la rupture du contrat de sous-marins conventionnels français par l'Australie est due à la déterioration de ses relations avec la Chine.

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Photo d'un sous-marin construit par Naval Group (illustration). (AFP / NAVAL GROUP)

"Ça fait partie du jeu dans les exportations d'armement", estime Lucie Béraud-Sudreau jeudi 16 septembre sur franceinfo après la rupture par l'Australie d'un gigantesque contrat passé auprès de la France pour la livraison de sous-marins conventionnels. "Des fois, c'est la France ou d'autres pays qui vont remporter ces marchés", précise la directrice du programme de recherche industrie de l’armement et dépenses militaires au Stockholm International Peace Research Institute.

>>>DIRECT. Rupture du contrat sur les sous-marins par l'Australie : Naval Group va demander une indemnisation à l'Australie

franceinfo : Comment analysez-vous cette décision de l'Australie, qui dit que ses besoins ont changé ?

Lucie Béraud-Sudreau : Quand le premier contrat a été négocié, l'Australie ne voulait pas de sous-marins à propulsion nucléaire. Mais la détérioration de ses relations avec la Chine a pu la pousser à renoncer aux contrats avec la France et à se tourner vers les Américains. On est dans un moment assez stratégique en Asie, avec d'un côté la Chine et de l'autre les Américains. 

"C'est une étape dans cette montée des tensions dans la région et une manière pour les Australiens de s'ancrer du côté occidental."

Lucie Béraud-Sudreau

à franceinfo

Un pareil contrat peut-il accroître les tensions ?

C'est plutôt le résultat inverse, avec une montée des tensions et une détérioration des relations entre l'Australie et son voisin chinois qui a mené à choisir certains types d'armement. En l'occurrence des sous-marins plus silencieux et qui peuvent rester sous l'eau plus longtemps. Donc, c'est un choix de capacité militaire que fait l'Australie avec cette nouvelle annonce.

Un contrat dénoncé comme celui-là, après le choix de la Suisse de se doter d'avions de chasse américains plutôt que français, peut-il avoir une incidence sur l'image de l'armement français ?

La France est parmi les principaux vendeurs d'armes dans le monde. Dans l'immédiat, ça peut plutôt avoir un impact sur la position de Naval Group dans le marché des capacités maritimes, mais je ne pense pas que ça aura un impact sur la vente de Rafale. Ça fait quand même, entre guillemets, partie du jeu dans les exportations d'armement. Des fois, c'est la France ou d'autres pays qui vont remporter ces marchés. Des fois, ce sont les Américains. C'est quelque chose d'assez classique dans ce business de l'armement.

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