Plus long, plus large et mieux équipé que le "Charles-De-Gaulle", à quoi ressemblera le futur porte-avions français ?

Le successeur du "Charles-De-Gaulle" sera à propulsion nucléaire. Le président Emmanuel Macron l'a annoncé lors de son déplacement au Creusot le 8 décembre. Le nouveau porte-avions sera construit d'ici 2038. 

Article rédigé par
Franck Cognard - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le porte-avions Charles-de-Gaulle, près de Toulon, en avril 2020. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Le futur porte-avions français sera un géant à l'échelle française, 50 mètres de plus en longueur que le Charles-De-Gaulle, et 30 000 tonnes de plus en masse. Mais à l'échelle mondial, il restera un peu nain. Par exemple, les porte-avions américains construits actuellement pèsent 110 000 tonnes. Un successeur pour le Charles-De-Gaulle, c'était l'une des annonces du président Emmanuel Macron lors de son déplacement mardi 8 décembre sur le site Framatome au Creusot (Saône-et-Loire).

Il fallait, dès la conception de ce "Pang" (porte-avions de nouvelle génération), le dimensionner pour des avions qui seront plus longs, lourds et larges que l'actuel Rafale. Ce porte-avions, équipé d'un nouveau système de catapultes, emportera dans ses hangars et sur son pont d'envol ce que les militaires français appellent le "Scaf" (système de combat aérien du futur). Il comprend le chasseur bombardier successeur du Rafale, les drones et petits appareils déportés qui voleront autour. 

Le successeur du porte-avions Charles-de-Gaulle sera à propulsion nucléaire. Il y a deux raisons majeures à ces choix. D'abord, la propulsion nucléaire permet d'être plus autonome, et d'avoir plus de puissance. Une propulsion classique, diesel, même modernisée, contraint le navire à des ravitaillements en mer. Il est donc plus vulnérable dans ces moments-là. 

Construire un nouveau porte-avions permet aussi et surtout de maintenir une filière nucléaire militaire en France. Les deux chaufferies nucléaires qui équiperont le porte-avions seront, en plus puissantes, les héritières directes de celles qui équipent le Charles-De-Gaulle. Les ingénieurs ne partent donc pas de zéro. Il faut également savoir que les futurs sous-marins français seront à propulsion nucléaire.

Des armes électromagnétiques pour lutter contre les drones 

Le futur porte-avion remplacera-t-il directement le Charles-De-Gaulle ? Les militaires espèrent repousser sa date de retraite. S'il n'y a pas de retard dans la construction, deux porte-avions seront opérationnels en même temps. Un luxe. 

Dans les 20 prochaines années, la coque et les infrastructures seront construites dans les chantiers de Saint-Nazaire et un nouveau système de protection du navire imaginé. L'objectif est de concevoir un porte-avions capable de se protéger contre les attaques électroniques et les cyberattaques. Tout sera connecté dans le navire, des milliards de données seront échangés entre le porte-avion, son escorte et les avions de chasse par exemple. Les militaires français planchent sur des armes électromagnétiques pour lutter contre les drones, qui pourraient venir attaquer le bateau, ou aspirer les données. 

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