Marcel Pinte, plus jeune résistant de France, sera honoré le 11 novembre

Fils d'un commandant de la résistance en Haute-Vienne, cet enfant de 6 ans transmettait colis et messages au maquis. Il a été tué accidentellement lors d'un parachutage en août 1944.

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L'Arc de Triomphe décoré d'un drapeau français, le 14 juillet 2019 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Longtemps oublié, l'enfant-résistant Marcel Pinte, tué accidentellement à l'âge de 6 ans le 19 août 1944, aura son nom inscrit sur un monument aux morts à Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne) lors des cérémonies du 11-Novembre, a annoncé dimanche 13 septembre la commune. Tombé à l'âge de "6 ans, 4 mois et 6 jours" selon le site Mémoire des hommes, Marcel Pinte figure parmi les quelque 600 000 noms de résistants recensés sur cette plateforme du ministère des Armées qui collecte depuis 2018 les archives de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.

Surnommé "Quinquin" ("petit enfant" en ch'ti), référence à ses origines nordistes et à la berceuse Le P'tit Quinquin du poète lillois Alexandre Desrousseaux, il est considéré comme le plus jeune des résistants à la Libération, et fut "symboliquement élevé au grade de sergent" après sa mort, selon le site spécialisé dans les questions militaires Opex360. C'est le travail d'Alexandre Brémaud, descendant par alliance d'Eugène Pinte, père de Marcel, qui est à l'origine de cet hommage posthume en Haute-Vienne, comme l'a annoncé le quotidien Le Populaire du Centre.

Tué par un tir accidentel

Né en 1938 à Valenciennes, Marcel Pinte et sa famille ont fait partie d'une poche de résistance à Aixe-sur-Vienne. Son père, Eugène, alias le commandant Athos, était une figure du mouvement, oeuvrant pour l'Armée secrète, l'Organisation de résistance de l'armée (ORA) et le service secret français de Londres, le BCRA (Bureau central de renseignements et d'action). Dès 1941, il avait créé un centre de la résistance, où son fils Marcel transmettait ses colis et des messages au maquis. "Il y avait une part d'insouciance due à son âge. Un habitant avait dit à son père de faire attention car Marcel chantait parfois à tue-tête des airs appris dans le maquis...", note Alexandre Brémaud.

Marcel Pinte a été tué par un tir accidentel de Sten, pistolet mitrailleur britannique, lors d'un parachutage le 19 août 1944. Il a été enterré le 21 août avec les honneurs réservés aux maquisards, en présence de nombreux résistants. "Des anciens du maquis avaient rassemblé des documents pour que l'action de Marcel soit reconnue. Mais cette démarche avait été abandonnée. Je l'ai reprise en sa mémoire", témoigne Alexandre Brémaud, également président délégué du comité de coordination des associations de Résistance en Haute-Vienne.

Le 16 octobre 2018, l'Office national des anciens combattants de Caen a reconnu que Marcel Pinte, appartenant à la résistance intérieure française (RIF), était bien "mort pour la France". "Le but de cet hommage, c'est que son histoire dépasse le cercle familial, que sa mémoire soit adoptée par la Nation", conclut Alexandre Brémaud.

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