Le Défenseur des droits demande la "suspension" de l'usage des lanceurs de balles de défense

Ces armes ont fait plusieurs blessés lors des manifestations des "gilets jaunes". Il y a un an, Jacques Toubon avait déjà préconisé l'interdiction des lanceurs de balles de défense dans le cadre du maintien de l'ordre, en raison de leur "dangerosité".

Un policier de la brigade anticriminalité pointe un flash-ball en direction de \"gilets jaunes\", le 29 décembre 2018, à Lille, lors d\'une manifestation.
Un policier de la brigade anticriminalité pointe un flash-ball en direction de "gilets jaunes", le 29 décembre 2018, à Lille, lors d'une manifestation. (JULIE SEBADELHA / HANS LUCAS / AFP)

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a demandé jeudi 17 janvier la "suspension" de l'usage des lanceurs de balles de défense (LBD), en raison de la "dangerosité" de ces armes. Elles sont employées par les forces de l'ordre notamment lors des manifestations de "gilets jaunes"

"Annulons le risque qui existe de dangerosité de ces armes en suspendant leur utilisation", a déclaré Jacques Toubon en marge de la présentation à la presse d'un rapport.

L'utilisation de ces armes dites de force intermédiaire, notamment le LBD 40, est au cœur de polémiques ces dernières semaines après que de nombreux manifestants ont été blessés, parfois grièvement au visage, lors des rassemblements de "gilets jaunes". Dans un rapport remis en janvier 2018, Jacques Toubon avait préconisé l'interdiction de l'usage des LBD dans le cadre du maintien de l'ordre, en raison de leur "dangerosité" et des "risques disproportionnés" qu'ils font courir.

Cinq manifestants grièvement blessés le 12 janvier

Selon des chiffres annoncés la veille, 12 des 25 saisines (dont certaines collectives) enregistrées par le Défenseur des droits depuis le début de la contestation des "gilets jaunes" évoquent des tirs de balles de défense. Selon une source policière, sur la seule journée du 12 janvier, au moins 5 manifestants ont été grièvement blessés "vraisemblablement" par des tirs de LBD.

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) avait rejeté, le 18 décembre, une requête urgente de manifestants touchés par des tirs de LBD qui lui demandaient d'en interdire l'utilisation en France. Elle avait expliqué ne "faire droit" aux "demandes de mesures provisoires qu'à titre exceptionnel, lorsque les requérants seraient exposés – en l'absence de telles mesures – à un risque réel de dommages irréparables".