La police de sécurité du quotidien "fonctionne" mais "il faut être vigilant sur l'emploi des effectifs et leur affectation", selon l'Unsa-Police

Le président de la République est à Mulhouse (Haut-Rhin) pour y annoncer une série de mesures contre le communautarisme. Il y a deux ans, il avait déjà créé la "police de sécurité du quotidien". Un dispositif qui fonctionne, selon le syndicat Unsa-Police.

Des policiers de la police de sécurité du quotidien (PSQ) de Grenoble, le 4 octobre 2019.
Des policiers de la police de sécurité du quotidien (PSQ) de Grenoble, le 4 octobre 2019. (MATTHIEU MONDOLONI / FRANCEINFO)

Emmanuel Macron est en visite, ce mardi, à Mulhouse (Haut-Rhin) pour y annoncer une série de premières mesures contre le "communautarisme". Le chef de l'Etat assure avoir déjà pris des mesures en la matière, comme la "police de sécurité du quotidien" (PSQ) qui a vu le jour en 2018. Invité de franceinfo ce mardi, le secrétaire national du pôle province de l'Unsa-Police Thierry Clair, évoque une PSQ qui "fonctionne", mais il plaide pour de la vigilance "sur l'emploi des effectifs et leur affectation "

Deux ans plus tard cette police de sécurité du quotidien fonctionne-t-elle ?

Thierry Clair : Elle fonctionne quelles que soient les appellations qu'on veut bien lui donner. La police du quotidien, notamment dans les "quartiers de reconquête républicaine" (QRR) s'est traduite par des effectifs supplémentaires qui ont été affectés dans ces secteurs-là. Cela étant, il faut faire attention aussi de ne pas délaisser les autres secteurs. Quand on met des effectifs momentanément, ou sur une période déterminée, on a tendance à délaisser les affectations sur d'autres communes, sur d'autres circonscriptions. Ça a été le cas dans certains endroits, notamment. Il faut être vigilant sur l'emploi des effectifs et leur affectation. On a connu, notamment au cours de l'année passée, des fonctionnaires affectés sur les PSQ [police de sécurité du quotidien] employés très souvent sur des manifestations, qui ont renforcé d'ailleurs les unités qui procédaient au maintien de l'ordre, et qui ont donc dégarni et délaissé les quartiers pendant ces moments-là.

Les moyens sont-ils mis avec cette police de sécurité du quotidien ? 

On a déjà connu la police de proximité qui était décrite comme une "police bisounours". Elle ne l'était pas autant que ça. Il y avait des moyens qui étaient quand même importants. La police est, et a toujours été, un laboratoire d'essais. Et les problèmes dans les quartiers sont loin d'être réglés. D'ailleurs, ça permet à certains prédicateurs de se faire entendre aujourd'hui. Il faut vraiment une présence renforcée de tous les acteurs dans ces quartiers. Parce que la sécurité, ce n'est pas que le problème de la police, c'est le problème de tous. C'est le problème de tous les acteurs d'un quartier, d'une commune. Ce sont les enseignants, les parents. Ce sont les animateurs associatifs, sportifs, culturels, les policiers. Les magistrats font partie également de ces acteurs de la société. Mais la police, en tout cas, ce n'est qu'un maillon de cette chaîne. Elle s'inclut dans un dispositif général qui doit concerner tout le monde. Sans quoi, on va laisser libre cours à certains prédicateurs qui vont récupérer la déshérence des quartiers.

Est-ce que ça a permis de changer la relation avec les habitants de certains quartiers ?

La relation police-population, dès lors que les policiers sont affectés et qu'ils peuvent effectivement rencontrer des gens, discuter, échanger, oui, effectivement. Cela étant, il ne faut pas oublier qu'on est toujours, quand même, dans le cas d'une politique du chiffre chez nous, dans le sens où la politique des primes est toujours effective. Et nous à l'Unsa-Police, on est interrogatifs sur une réussite de la PSQ, tant qu'on maintiendra la politique des primes dans la police nationale.