Cargo saoudien attendu à Cherbourg : "Il y a un risque que ces armes soient utilisées au Yémen pour commettre des crimes de guerre" selon Amnesty International

À Cherbourg, l'arrivée jeudi du cargo saoudien Bahri Yanbu suscite la colère de plusieurs ONG. Elles soupçonnent ce bateau de venir chercher des armes françaises qui pourraient ensuite être utilisées par l'Arabie Saoudite dans sa guerre au Yémen qui a fait de très nombreuses victimes civiles

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Radio France
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Le cargo saoudien Bahri Yanbu au large de Cherbourg le 6 février 2020 (LOU BENOIST / AFP)

"On a commencé à se mobiliser, dès hier [mercredi 5 février] en amont de l'arrivée du navire. Le message qu'on veut faire passer, c'est qu'on ne veut pas que ce navire accoste au port de Cherbourg", raconte sur franceinfo, Maelle Labomme, membre de la "Cellule Armes" d’Amnesty International France.

L'arrivée du cargo saoudien Bahri Yanbu jeudi 6 février provoque la colère de plusieurs ONG qui le soupçonnent de venir chercher des armes françaises pour qu'elles soient utilisées par l'Arabie Saoudite dans sa guerre au Yémen.

"On ne veut pas qu'il vienne en France pour récupérer ce qu'on suspecte être des armements militaires. C'est pour ça qu'on a commencé à se mobiliser hier [mercredi 5 février] et qu'on continue aujourd'hui [jeudi 6 février]", explique Maelle Labomme.

Auncune garantie sur l'utilisation des armes

Selon Amnesty International, "il y a un fort risque que ces armes que ce navire vient chercher en France soient ensuite utilisées dans le cadre de ce conflit au Yémen et donc pour commettre des crimes de guerre et des violations de droits humains au Yémen".

Pour Maelle Labomme tout cela "est contraire à la position commune de l'Union européenne sur les exportations d'armement. En continuant ces ventes d'armes qui sont illégales la France viole ces engagements internationaux".

C'est contraire au traité sur le commerce des armes qui a été ratifiée par la France

Maelle Labomme

à franceinfo

La France a toujours indiqué qu'elle respectait les procédures d'exportation d'armements, mais ce n'est pas suffisant pour Amnesty International, "on a aucun moyen d'en être sûrs, parce qu'il n'y a pas de transparence sur les ventes d'armes effectuées par la France. On ne sait pas du tout quels sont les critères qui font que ces ventes sont autorisées ou pas", a poursuivi Maelle Labomme.

Amnesty International voit dans la mobilisation citoyenne un moyen de faire pression pour empêcher cette livraison de matériel militaire : "C'est quelque chose qui paye, on a pu voir il y a quatre jours à Anvers, que ce même navire n'a pas eu le droit d'accoster en Belgique. Et c'est ce même navire qui avait essayé de venir en France en 2019 au Havre et qui avait été empêché de venir. On demande à la France de ne pas accepter ce transfert d'armes et si elle l'acceptait de nous dire de quelles armes il s'agit et quelles garanties pouvons-nous avoir qu'elles ne seront pas utilisées pour commettre des crimes de guerre".

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