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Vins de Bordeaux touchés par le gel : "On va faire une petite récolte qui pourrait être de grande qualité"

Quel impact auront les intempéries de 2017 sur le vignoble français ? Difficile à estimer, selon Christophe Château, du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux. Si le volume produit devrait être moindre, la qualité, elle, pourrait être au rendez-vous. 

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Radio France
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Les vignes du bordelais touchées par le gel en avril 2017.  (BONNAUD GUILLAUME / MAXPPP)

2017 une année catastrophe pour le vin français ? La production viticole en France a été particulièrement touchée par les intempéries. Elle pourrait subir une baisse de 17% selon le ministère de l'Agriculture. Christophe Château, porte-parole du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a estimé samedi 22 juillet, sur franceinfo, qu'il était "difficile de donner une estimation précise" de la baisse de la récolte. Ce sera "une petite récolte", mais elle pourrait être, selon lui, "de grande qualité."

franceinfo : Quel sera l'ampleur de la baisse de la récolte en 2017 ?

Christophe Château : Il est très difficile de donner une estimation précise de la récolte. Plus de 50% du vignoble bordelais a été touché par le gel avec des impacts allant de 20% pour certaines parcelles et 90 à 100% pour les plus touchées.

On sait que la récolte globale sera en forte baisse et sera la plus faible depuis 1991 qui a été la dernière période de gel très importante à Bordeaux

Christophe Château (CIVB)

à franceinfo

Moins 50% est-ce une estimation crédible ?

On a une estimation qui est de moins 30 à 50% aujourd'hui. Le gel cette année a été très tardif. On a eu quatre jours de gel à la fin de mois d'avril. Une période où la végétation était très avancée, d'autant que le début du mois d'avril avait été très chaud, donc la végétation était plutôt en avance. La repousse, qu'on appelle le contre-bourgeon, a été plus difficile. Moins de 50% est une estimation plutôt pessimiste. Il faut aussi voir le côté positif de la chose. On a deux très jolis millésimes qui sont à la commercialisation : 2015 et 2016. 2016 a été une très belle récolte en volume et en qualité. On a produit à Bordeaux plus de 5,8 millions d'hectolitres qui est la plus grosse récolte de ces dix dernières années. Cela va peut-être nous permettre de faire le dos rond en attendant une récolte 2018 plus favorable.

Faible quantité ne veut pas dire mauvais vin…

Absolument. Le meilleur millésime que nous avons à Bordeaux est 1961 qui a été une année de gel. Il n'y a pas forcément de lien entre qualité et quantité. La sortie des vignes qui n'ont pas été touchées par le gel ont une fleur qui est superbe. 

Les conditions météorologues des mois de mai et juin ont été très belles. On va faire une petite récolte qui pourrait être de grande qualité.

Christophe Château (CIVB)

à franceinfo

Le risque n'est-il pas de ne pas répondre à la demande et de perdre des marchés ?

Oui. Surtout sur les couleurs où nous n'avons pas de stocks. Les blancs secs ou les rosés où nous sommes en flux tendu. Sur les rouges, on a des stocks donc on va essayer de lisser cette baisse de récolte.

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