Vague de froid : le régime de calamité agricole sera mis en place, annonce le ministre de l'Agriculture

Julien Denormandie assure que l'État sera aux côtés des producteurs dont les cultures ont été durement touchées par le gel, sans préciser le montant de l'enveloppe qui sera débloquée.

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Radio France
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Le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, le 5 mars 2021. (THOMAS COEX / AFP)

Après la vague de froid et le retour du gel de ces derniers jours qui ont causé des dégâts importants dans les cultures de plusieurs régions, le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie a annoncé, sur franceinfo, jeudi 8 avril "la mise en œuvre de ce qu'on appelle le régime de calamité agricole".

franceinfo : Avez-vous déjà, au ministère de l'Agriculture, une première estimation chiffrée des dégâts ?

Julien Denormandie : On est aujourd'hui face à une situation tout à fait exceptionnelle, particulièrement difficile, qui touche un grand nombre de cultures. La viticulture bien sûr, l'arboriculture, mais aussi les grandes cultures comme celle de la betterave, du colza. On a eu d'abord de très fortes chaleurs et donc les plantes ont fait éclore les bourgeons. Et puis, du jour au lendemain, on a eu une chute très brutale des températures, parfois avec plusieurs dizaines de degrés. On est parfois passé de + 20 degrés à - 5 degrés et là, les bourgeons ont complètement gelés. Et une fois que le bourgeon gèle, c'est l'ensemble de la récolte qui est profondément mise à mal, voire parfois complètement perdue. Énormément de régions sont aujourd'hui impactées, que ce soit au nord de l'Ile-de-France, jusqu'au sud-est et une partie du centre du pays. Cette situation est évidemment particulièrement difficile.

La FNSEA appelle d'ores et déjà à une réaction rapide des pouvoirs publics, demande des mesures d'indemnisation. Qu'est-ce que vous pouvez répondre aux exploitants, aux agriculteurs inquiets ?

Notre mobilisation est totale pour que les mesures d'accompagnement soient mises en place le plus rapidement possible. Et ces mesures d'accompagnement, c'est d'abord les mesures de l'État. On va lancer notamment la mise en œuvre de ce qu'on appelle le régime de calamité agricole. On va étudier également les dispositifs fiscaux habituels que nous pouvons mettre à disposition des agriculteurs qui sont face à ces difficultés. Mais la mobilisation, c'est aussi celle des assureurs, évidemment. J'étais, il y a quelques minutes, avec la présidente de la Fédération des assurances pour m'assurer de la pleine et entière mobilisation des assureurs. Et puis c'est également la mobilisation des banquiers, qui sont évidemment là aussi des acteurs clés. Donc, vous voyez, on est en train d'organiser cette mobilisation totale pour que les mesures d'accompagnement puissent être mises en place le plus rapidement possible afin de faire en sorte que personne ne soit laissé de côté.

A-t-on déjà une petite idée de l'enveloppe ?

Ça va se chiffrer évidemment avec des pertes qui sont importantes et donc un accompagnement qui devra être à la hauteur de la part de l'État, des assureurs, des banquiers. L'estimation précise, elle, n'est pas encore faite. Il est trop tôt. D'abord parce que les épisodes de gel viennent de se passer et que donc il faut voir les conséquences concrètes sur la nature et sur nos cultures. Mais aussi parce que malheureusement, il est à craindre de nouveaux épisodes de gel dans les prochains jours que nous suivons avec énormément d'attention et qui pourraient venir alourdir, si je puis dire, la situation déjà très difficile à laquelle nous sommes confrontés.

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