Union européenne : un accord enfin trouvé sur la PAC, les ONG dénoncent un manque d'ambition environnemental

La nouvelle Politique agricole commune européenne, qui débutera en 2023, disposera d'un budget de 387 milliards d'euros sur sept ans, dont 270 milliards d'aides directes aux agriculteurs.

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Des champs à côté de Meaux (Seine et Marne), le 29 mai 2021. (GARDEL BERTRAND / HEMIS.FR / AFP)

Les eurodéputés et Etats membres de l'Union européenne (UE) ont trouvé vendredi 25 juin un accord sur la nouvelle Politique agricole commune (PAC), à l'issue d'âpres pourparlers. 

L'accord concerne notamment les "écorégimes" : des primes accordées aux agriculteurs adoptant des programmes environnementaux exigeants. Les Etats devront y consacrer en moyenne 25% par an des paiements directs entre 2023 et 2027, avec la possibilité de n'y consacrer que 20% les deux premières années en réallouant ailleurs les fonds non dépensés. Les mesures pour la biodiversité ont également été adoptées : outre l'obligation de rotation des cultures, entre 4% et 7% des terres arables selon les exploitations devront rester non cultivées.

Surtout, Bruxelles sera tenu de vérifier la conformité des politiques nationales aux objectifs de réduction des gaz à effet de serre (Pacte vert) et de baisse de 50% des pesticides d'ici 2030 avec un quart des terres réservées au bio.

Déception des ONG environnementales 

Les Vingt-Sept avaient approuvé en octobre la réforme de la Politique agricole commune, avec un budget de 387 milliards d'euros sur sept ans, dont 270 milliards d'aides directes aux agriculteurs, mais ils devaient s'entendre avec les eurodéputés pour la mettre en musique. C'est chose faite, avec un compromis de principe sur cette PAC débutant en 2023. Celui-ci devra encore être approuvé lundi par les ministres de l'Agriculture européens.

Mais la réforme est jugée insuffisante plusieurs ONG de défense de l'environnement. "La faiblesse du cadre réglementaire et des règles environnementales, l'absence d'objectifs environnementaux quantitatifs, conduiront à ce qu'environ trois quarts des paiements directs aillent aux exploitations intensives sans aucune condition verte réelle", a ainsi déploré l'association le bureau européen de l'environnement. "Cet accord perpétue le statu quo, poursuivant l'appui désastreux aux élevages industriels, a renchérit Marco Contiero, de Greenpeace. Nous ne sommes pas dupes de ce 'greenwashing'."

"Pour qui désirait une révolution de la PAC, c'est évidemment insatisfaisant. Mais c'est un changement majeur, a assuré le vice-président de la Commission Frans Timmermans, chargé du Pacte vert. Nous avons la loi climat, contraignante, et maintenant un accord sur la PAC qui devra s'y conformer. Nous devons continuer dans cette direction."

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