Un investissement de 250 millions d'euros pour les abattoirs : la FNSEA réclame "un diagnostic établissement par établissement"

Le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie annonce que 250 millions d'euros seront consacrés aux abattoirs. La présidente de la FNSEA Christiane Lambert salue une "bonne nouvelle" pour permettre aux établissements de se moderniser.

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Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, invitée de franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a annoncé dans Le Parisien que 125 millions d'euros, issus du plan de relance, seront investis dans les abattoirs et 125 millions d'euros dans la modernisation des élevages. "La première urgence est de faire un diagnostic établissement par établissement", a réagi sur franceinfo Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

franceinfo : L'annonce de ces 250 millions est-elle une bonne nouvelle ?

Christiane LambertC'est une bonne nouvelle parce les abattoirs souffrent depuis pas mal d'années d'une très faible rentabilité et faute de rentabilité ils ne peuvent pas investir pour moderniser. Or, les conditions de travail sont complexes en abattoirs pour les salariés. Ils travaillent dans le froid, le bruit. Il faut amener plus de sécurité pour les travailleurs et de meilleures conditions pour les animaux.

Dans les couloirs de contention pour amener les animaux jusqu'à la salle d'abattage, l'attente est plus forte aujourd'hui pour que les animaux passent de la vie à la mort sans souffrir. C'est tout ceci qui va pouvoir être amélioré grâce à ce montant. C'est pareil dans les élevages, les changements climatiques sont compliqués pour les animaux et cela va permettre de faire la rénovation thermique des bâtiments agricoles, les climatiser, les moderniser.

Quelles sont les premières choses à faire ?

La première urgence est de faire un diagnostic établissement par établissement. Certains abattoirs ont été modernisés dans les 4-5 dernières années, d'autres sont en souffrance, souvent ils sont sous la responsabilité de municipalités. Il y a tout un travail de diagnostic à faire, de préconisations puis des investissements. C'est la même chose en élevage.

Est-ce que 250 millions d'euros vont être suffisant ?

Oui, c'est déjà bien. Le temps pour les utiliser est court donc on va voir comment vont être montés les dossiers, quels seront les secteurs qui seront traités en premier. Je sais que beaucoup d'abattoirs de taille moyenne aspirent à une salve de modernisation. Un certain nombre d'entre eux l'ont déjà fait et il y a de vrais progrès. C'est nécessaire de le faire aujourd'hui et cela renforcera l'attractivité pour les métiers dans les abattoirs, cela permettra de recruter plus facilement.

Est-ce que cela permettra d'améliorer l'image des abattoirs ?

Il y a un peu le sentiment d'être jugé injustement. Il y a des progrès qui ont été faits mais qui ne sont pas assez visibles. Les images qui sont montrées par les militants sont toujours des images négatives, jamais les choses qui se passent bien. Ces images représentent 3% à 4% de ce qui existe mais il faut améliorer la totalité. La condition animale tous les éleveurs sont pour dans leur élevage, le transport et à l'accueil des abattoirs.

Les abattoirs sont un passage nécessaire. Nous sommes un pays qui aime manger de la viande. Pendant le confinement les Français ont mangé plus de viande.

Christiane Lambert

à franceinfo

Les associations qui dénoncent les mauvaises pratiques ne jouent-elles pas un rôle de lanceur d'alerte ?

Nous travaillons avec beaucoup d'associations depuis longtemps, mais L214 est pour l'abolition de l'élevage et l'arrêt de la consommation de viande. C'est difficile d'écrire des cahiers des charges de mieux-être avec eux, par contre nous travaillons avec toutes les autres pour faire visiter nos élevages, voir les points d'amélioration possible, comment on peut concilier bien-être et élevage, et ce qui économiquement est possible. La France est aujourd'hui reconnue comme l'un des pays qui met le mieux en œuvre les directives du bien-être animal qui sont européennes.

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