Trois questions sur la mobilisation des agriculteurs contre l'interdiction du glyphosate

Plusieurs dizaines d'agriculteurs se sont réunis sur les Champs Elysées, vendredi 22 septembre.

Des agriculteurs manifestent sur les Champs Elysée, à Paris, le 22 septembre 2017.
Des agriculteurs manifestent sur les Champs Elysée, à Paris, le 22 septembre 2017. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

De la paille sur les Champs-Elysées. A l'appel de la FDSEA, des dizaines d'agriculteurs ont manifesté, vendredi 22 septembre, sur la célèbre avenue parisienne. Ils souhaitent protester contre la politique agricole du gouvernement. Quelles sont les raisons exactes de leur colère ? Que leur répond le gouvernement ? Franceinfo répond à trois questions. 

Que s'est-il passé ?

La mobilisation a commencé aux aurores. Dès 6h30 du matin, entre 200 et 300 agriculteurs se sont réunis sur les Champs-Elysée, à Paris. Ils ont déversé de la paille et ont bloqué partiellement l'accès à l'avenue pendant une heure. Un impressionnant dispositif de CRS a été déployé et encerclait les manifestants.

Pourquoi sont-ils en colère ?

Réunis à l'appel de fédérations départementales de la FNSEA, premier syndicat agricole français, et de l'organisation des Jeunes agriculteurs, les manifestants protestent contre la possibilité d'importer des produits agricoles traités avec des herbicides comme le glyphosate, alors même que la FNSEA craint que le gouvernement interdise l'emploi de tels herbicides en France.

En cause : le vote en Commission européenne sur l'autorisation du glyphosate. La France entend s'opposer, début octobre, au renouvellement de l'autorisation par l'UE de cet herbicide. "Monsieur Macron veut être le Monsieur Propre du monde mais est le fossoyeur de l'agriculture", a lancé Frédéric Arnoult, président des Jeunes agriculteurs d'Ile-de-France. Sur les Champs Elysée, une pancarte s'en prenait également au président. "Macron tue les agriculteurs", pouvait-on lire.

Que répond le gouvernement ?

A 9h30, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot est allé à la rencontre des agriculteurs. "C'est une chose de dire : 'On réautorise pour dix ans.' On sait bien que si c'est cette formule qui est employée, dans dix ans, on se revoit et rien n'aura changé. Si par contre on se met d'accord pour dire que d'ici dix ans, on trouve une alternative, c'est déjà un autre modus vivendi", a-t-il expliqué sur place.

"Je ne suis pas sourd, je sais que vous êtes là. Je sais bien dans quelles difficultés vous êtes", a-t-il continué, affirmant qu'une "issue favorable" serait trouvée.