Plan français pour la PAC : "De l'immobilisme face à des objectifs européens très ambitieux", dénonce la signataire d'une lettre ouverte

Une quarantaine d'étudiants dénonce ce plan. La déclinaison nationale de la Politique agricole commune européenne "favorise les grandes exploitations" selon l'étudiante en agronomie, Julia Chatal. 

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Une quarantaine d'étudiants en agronomie et en sciences politiques ont signé une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour dénoncer le plan stratégique national français.  (NICOLAS CREACH / MAXPPP)

Le plan stratégique national français, sorte de déclinaison nationale de la Politique agricole commune (PAC) européenne, est le symbole de "l'immobilisme français face à des objectifs européens très ambitieux", a déclaré sur franceinfo jeudi 23 décembre Julia Chatal, étudiante en agronomie et signataire d'une lettre ouverte à Emmanuel Macron écrite par une quarantaine d'étudiants en agronomie et en sciences politiques, qui dénonce ce plan.

Ces étudiants reprochent d'abord la persistance de l'aide à l'hectare, "qui représente une grande partie des aides attribuées aux agriculteurs et favorisent les grandes exploitations". Selon Julia Chatal, ce type d'aide "n'est pas un bon signal" et creuse les inégalités entre les agriculteurs. "On aimerait davantage de redistribution pour éviter de favoriser les plus grosses exploitations", a-t-elle expliqué.

Une meilleure distribution des aides permettrait selon elle de "repeupler nos campagnes" en redonnant "aux agriclteurs la possibilité de faire leur métier à juste titre et de travailler avec le vivant". Aujourd'hui, plus les exploitations sont grandes, plus elles touchent d'aides européennes.

Pas assez de mesures "conditionnées" à des pratiques "plus vertes" 

La question écologique est aussi au cœur de cette lettre ouverte. Julia Chatal et ses collègues dénoncent la notion "d'écorégimes", qui sont censés rémunérer les pratiques vertueuses pour l'environnement mais que "presque tout le monde peut toucher dans ce plan", avec plus de "80% d'agriculteurs qui peuvent en bénéficier".

"On aimerait davantage de mesures conditionnées par les pratiques agricoles qu'on veut plus vertes", appelle Julia Chatal, qui plaide pour "des pratiques agroécologiques, qui favorisent l'environnement et qui ont des conséquences sociales et économiques".

Toutes ces mesures sont, selon elle, en contradiction avec les objectifs européens affichés de la PAC. "La politique agricole commune est en train de devenir de moins en moins commune avec ces plans nationaux, mais ça peut aussi être l'occasion de faire des choix qui sont en faveur de la transition qu'on espère", a-t-elle assuré.

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