Pesticides dans les fruits et légumes : "Il faut arrêter l’importation de produits traités par des molécules interdites en France"

Raymond Girardo, le vice-président du Mouvement de Défense des Exploitants familiaux, a réagi mardi sur franceinfo à la publication d'un rapport sur la présence de pesticides dans les fruits et légumes.

Près de trois quarts des fruits et 41% des légumes non bio sont porteurs de traces de pesticides, selon un rapport publié par Générations Futures.
Près de trois quarts des fruits et 41% des légumes non bio sont porteurs de traces de pesticides, selon un rapport publié par Générations Futures. (MAXPPP)
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Alors que l'association Générations Futures a dévoilé mardi 20 février un rapport sur la présence de pesticides dans près de trois quarts des fruits et légumes, Raymond Girardi, vice-président du Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux (Modef) a régi sur franceinfo. Pour lui, un effort important a pourtant été fait en France ces dernières années.

franceinfo : Pourquoi aujourd’hui pour certains fruits comme la pomme, il faut encore jusqu'à 36 traitements différents ? 

Raymond Girardi : La plupart des fruits et légumes sont traités avec des produits phytosanitaires. En France on travaille pour les limiter au maximum ou pour aller vers de l’agriculture biologique qui n’utilise pas de molécules de synthèse. Aujourd’hui on est plutôt sur la bonne voie, mais il est vrai que les produits phytosanitaires apparaissent dans pas mal de fruits et légumes. Ce qui est important de préciser, c’est qu’il y a un effort énorme qui a été fait en France depuis une vingtaine d’années. Il y a près de 300 molécules qui sont interdites chez nous et c’est normal. Il faut savoir que La France est déficitaire en fruits et légumes de 40% et la plupart des pays qui importent en France continuent à utiliser des molécules interdites. La première chose, me semble-t-il, ce serait d’arrêter l’importation de fruits et légumes qui ont été traités par des molécules interdites en France. Deuxième chose, il faut continuer d’aller vers la voie de la réduction des produits phytosanitaires. L’agriculture raisonnée le pratique déjà. […] Ce n’est pas possible de se passer à 100% aujourd’hui de ces produits. On compte notamment sur la recherche pour effectivement trouver des solutions alternatives.

Êtes-vous favorable à un étiquetage "pesticide" comme le préconise l’association Générations Futures ?

Il faut être transparent. Il faut que les consommateurs français puissent savoir en toute connaissance de cause quels produits ont été utilisés. Et il y aura des surprises si on met cet étiquetage pour les produits importés. Cela permettra au consommateur de faire le bon choix et même de voir que la production française est plutôt bien placée en matière de respect et de protection de la santé publique.

Sur les produits importés, le taux en pesticide n'est pas du tout contrôlé ?

Pas du tout et c'est bien là le problème ! La réglementation internationale donne la souveraineté aux États pour homologuer les produits phytosanitaires. Par exemple, si une molécule est autorisée au Maroc, automatiquement le produit peut être exporté et venir chez nous en toute légalité. Ce qui veut dire que moi agriculteur français, si j'utilise ce produit je fais un délit, donc je peux être condamné alors que le produit vient du Maroc. C'est normal et il n'y a pas de poursuites possibles. C'est quand même une aberration. Je crois qu'il faut effectivement que les ministères de la Santé et de l'Agriculture prennent toute la dimension de ce problème et puissent prendre les sanctions nécessaires. Il faut arrêter d'importer des produits traités avec des molécules interdites en France.