Orages dans le Sud-Est : "Il faut s’attendre à une multiplication de ce type d’événements", estime un prévisionniste

Les orages peuvent être anticipés plusieurs heures à l'avance, mais les agriculteurs ne sont pas égaux face à la grêle.

Les violents orages du samedi 15 juin avaient été prévus par Météo France, qui avait placé neuf départements en vigilance orange (photo d\'illustration).
Les violents orages du samedi 15 juin avaient été prévus par Météo France, qui avait placé neuf départements en vigilance orange (photo d'illustration). (JULIEN COQUENTIN / HANS LUCAS)

"Il faut s’attendre à une multiplication de ce type d’événements", estime dimanche 16 juin sur franceinfo Alix Roumagnac, président de Predict, une société spécialisée dans la prévention des risques naturels. Il réagit au lendemain des violents orages qui se sont abattus sur neuf départements du sud-est de la France.

La faute au changement climatique ?

"Ce type d’événement existait avant les changements climatiques, ce sont des orages de printemps ou d’été. Il y a des différentiels de températures très importants entre le sol et l’altitude, ce qui crée ces convections très fortes et ces orages très violents. Par contre, ce sur quoi tous les experts de Météo France s’entendent, c’est que le changement climatique accompagne des évolutions un peu aux extrêmes, c’est-à-dire que l’on peut connaître des fortes périodes de sécheresse, de chaleur, et puis des événements très intenses", ajoute-t-il.

Des orages prévisibles quelques heures avant

De nombreux agriculteurs déplorent les dégâts importants sur les exploitations, notamment dans la Drôme, dans la Loire ou en Haute-Savoie. Mais toutes les exploitations ne peuvent pas être protégées de la même manière, estime Alix Roumagnac. "Il y a certains types d’activités sur lesquels on peut anticiper. Les orages de grêle, comme ceux d'hier soir, peuvent être anticipé quelques heures avant. C’est pour ça que Météo France avait placé en vigilance tous les départements qui ont été impactés. Sur certains types de productions, les agriculteurs peuvent placer des filets anti-grêle, sur certains types d’arboriculture. C’est assez efficace", dit-il.

Les vignes particulièrement exposées

Mais toutes les cultures agricoles ne sont pas égales face au risque. "Pour la viticulture, c’est très peu développé. Il faut des filets anti-grêle motorisés, qui peuvent être activés sur l’envoi d’une notification. Par des objets connectés, on peut déployer ces filets", explique Alix Roumagnac.

"Aujourd’hui, les coûts d’installation de ces filets anti-grêle sont possibles sur certaines cultures à valeur ajoutée. En revanche, ils sont beaucoup plus difficiles à mettre en place sur d’autres cultures. Il faut arriver à cumuler d’autres utilisations, de type ombrières. Il y a des gens qui travaillent sur le sujet, et on peut espérer que dans les années à venir, il y ait un développement de systèmes qui puissent mieux protéger les grandes cultures agricoles sur ce type d’événements", ajoute le prévisionniste.