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Néonicotinoïdes réautorisés pour les betteraves : Générations Futures dénonce un retour en arrière face à un "coup de pression des syndicats agricoles"

La France a décidé de lever l'interdiction d'une partie de ces insecticides pour permettre aux agriculteurs de lutter contre les pucerons verts qui attaquent les betteraves. Mais selon l'association écologiste, il existait "d'autres produits, des insecticides plus courants" et moins toxiques.

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Radio France
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Un champ de betteraves à sucre dans le Puy-de-Dôme. (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

Le retour des néonicotinoïdes dans certaines exploitations agricoles françaises est un retour en arrière face à un "coup de pression des syndicats agricoles", a dénoncé, jeudi 6 août, sur franceinfo, le directeur de l'association Générations Futures, François Veillerette. Le gouvernement a en effet décidé de réautoriser un insecticide afin d'aider les cultivateurs de betterave face à la jaunisse virale, véhiculée par les pucerons verts, qui fait chuter la production cette année. La France a interdit, en septembre 2018, cinq néonicotinoïdes employés dans des insecticides pour protéger les abeilles pollinisatrices.

Il y avait des produits alternatifs selon Générations Futures

"Ce n'est pas du tout une mesure d'urgence, pour la récolte de cette année il est déjà trop tard", affirme François Veillerette. "Les dispositions qui vont être prises, vont permettre d'utiliser des néonicotinoïdes sur les graines qui vont être plantées pour les récoltes de l'année prochaine."

On est en train de dire qu'on va avoir un risque de pucerons aussi fort l'année prochaine que cette année, alors qu'on n'en sait rien.

François Veillerette

à franceinfo

"C'est doublement absurde puisqu'il existe d'autres produits, des insecticides plus courants qui ne sont pas aussi toxiques que les néonicotinoïdes, et qui sont validés par l'Anses [Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation] qui leur reconnaît une certaine efficacité", affirme le directeur de l'association Générations Futures.

Une "catastrophe pour la biodiversité"

Pour l'association de protection de l'environnement, "on est surtout face à un gros coup de pression des syndicats agricoles, qui ont voulu tester le nouveau ministre de l'Agriculture, demander une dérogation comme des collègues à eux dans d'autres pays européens.

On a choisi la solution de facilité en cédant aux producteurs français.

François Veillerette

à franceinfo

François Veillerette rappelle que "la France avait une position de leader en Europe sur l'interdiction des néonicotinoïdes", qu'elle a "d'ailleurs au niveau scientifique prouvé leur dangerosité avec des études de l'Inra, ce qui a déclenché un certain nombre d'interdictions au niveau européen".

Le directeur de l'association Générations Futures se montre particulièrement inquiet pour l'impact de cette réautorisation sur l'environnement : "Avec cette décision, on va revenir en arrière, donner des dérogations à ces insecticides extrêmement dangereux pour l'environnement qui vont persister dans les sols pour de nombreuses années pour contaminer encore les insectes encore les années suivantes et ça c'est vraiment une catastrophe pour la biodiversité."

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