Néonicotinoïdes : le député européen Eric Andrieu saisi la Commission européenne "pour vérifier que cette décision est abusive"

Selon l'eurodéputé socialiste, la Commission peut annuler une dérogation abusive concernant l'utilisation de produits chimiques.

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Radio France
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La Commission européenne, à Bruxelles, le 9 mai 2019. (NOÉMIE BONNIN / FRANCE-INFO)

Eric Andrieu, député européen socialiste pour la circonscription Grand Sud-Ouest, a indiqué mardi 6 octobre sur franceinfo qu'il avait saisi la Commission européenne, après que les députés français ont validé un texte autorisant la mise en place de dérogations permettant d'utiliser des néonicotinoïdes dans les productions de betteraves sucrières. Ce type d'insecticides est interdit en France depuis 2018 en raison de sa dangerosité pour l'environnement.

"J'ai saisi la commission dès que j'ai appris que les dérogations allait se poser", explique Eric Andrieu. "Au niveau européen, il existe une possibilité, à l'article 53 du règlement européen sur les produits phyto pharmaceutiques, qui permet à la commission de suspendre ou d'annuler une dérogation nationale abusive quant à l'utilisation des produits chimiques." Selon Eric Andrieu, "nous sommes dans ce cas".

C'est une question d'intérêt général !

Eric Andrieu

à franceinfo

La Commission européenne "va se mettre au travail pour vérifier que cette décision est abusive". Il estime que la décision des députés français est "un premier pas". "Cela veut dire que, dès qu'un secteur sera en difficulté, on autoriserait une dérogation, ce qui n'est pas dans l'esprit des textes communautaires." La Commission européenne peut donc "annuler cette dérogation qui permet l'utilisation des pesticides tueurs d'abeilles". "Le droit européen va s'imposer dans ce cas-là.", juge le député européen.

Selon Eric Andrieu, la France pouvait pourtant faire "à l'identique d'autres Etats", comme "l'Italie ou la Pologne qui accompagnent la filière". Aujourd'hui, "les betteraviers Français se retrouvent avec le prix du sucre parmi les plus bas du monde, faute de protection face au dumping du Brésil". "On aurait pu procéder différemment", martèle le député européen. 

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