Mobilisation des agriculteurs : la FNSEA "attend des actes du Premier ministre"

Patrick Bénézit, secrétaire adjoint de la FNSEA, était l'invité de franceinfo avant le rendez-vous prévu avec Edouard Philippe à Matignon dans la matinée. 

Patrick Bénézit en février 2019. 
Patrick Bénézit en février 2019.  (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

Le Premier ministre, Édouard Philippe, reçoit la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, mardi 3 décembre à Matignon, après la mobilisation nationale des agriculteurs, mercredi dernier à Paris. "Nous attendons des actes du Premier ministre", a indiqué sur franceinfo, Patrick Bénézit, éleveur dans le Cantal et secrétaire adjoint de la FNSEA. "Ce qu'on attend, c'est une politique avec beaucoup plus de cohérence qu'aujourd'hui."

L'usage des pesticides et la loi alimentation au coeur des griefs 

L'éleveur dénonce le non-respect de la loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable, votée en octobre 2018 : "On a un premier grief : celui des prix. La loi Alimentation n'a eu aucun effet, estime Patrick Bénézit. Il est absolument nécessaire que les administrations de l'État contrôlent et fassent respecter la loi Alimentation, notamment dans le cadre des contrôles sur les promotions qui sont contournées. Aujourd'hui, peu de gens appliquent cette loi, il faut des sanctions. Même si cette loi va dans le bon sens, elle n'est ni respectée, ni appliquée."

Les agriculteurs entendent aussi dénoncer la mise en place des zones de non traitement aux pesticides (ZNT), destinées à protéger les populations contre les dangers potentiels de ces produits. "La deuxième chose qui nous inquiète, c'est que des projets de lois qui nous mettent des charges supplémentaires sont en train d'être préparés, alors qu'en même temps des accords internationaux sont signés pour faire venir des produits qui ne respectent pas les normes que l'on nous impose", explique Patrick Bénézit. "La manifestation de la semaine dernière n'est que suspendue, pas arrêtée. Nous sommes prêts à nous remobiliser", conclut-il.