"Le muguet est très beau" : après une année noire, les producteurs retrouvent le sourire pour ce 1er-Mai

De nombreux brins de muguet n'ont pas été vendus lors du premier confinement mis en place contre l'épidémie de Covid-19. Mais en 2021, les fleuristes sont notamment restés ouverts et le secteur espère pouvoir en profiter samedi. Reportage dans la Sarthe.

Article rédigé par
Jules Hauss - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Lors de la récolte du muguet à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, près de Nantes, le 27 avril 2021. Photo d'illustration. (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)

Pascal Raguin est dans le muguet depuis 40 ans. Avec son chapeau de paille et son gilet orange, réservé aux chefs de culture, il inspecte toute la journée les cinq hectares de l’exploitation de Bigot fleurs, située dans la Sarthe. "Il y a quatre, six, huit, dix clochettes d’ouvertes, compte-t-il en montrant un brin muguet. Il fait plus de 20 cm et il est très rigide en tige. Tout arrive à point, le muguet est très beau." Durant le premier confinement en raison de l’épidémie de Covid-19, les fleuristes étaient fermés et les producteurs se sont donc retrouvés avec des millions de brins invendus lors du 1er-Mai. Mais en 2021, malgré l'épisode de froid, tous les voyants sont au vert.

Depuis la mi-avril, 300 cueilleurs sont accroupis dans les champs de l'exploitation sarthoise pour la récolte. Grâce aux vacances scolaires anticipées avec le troisième confinement, le recrutement a été plus simple. Ce sont surtout des jeunes, en jogging et sweat à capuche, qui arpentent les travées. "On fait des bouquets de 52 brins, explique Marion, étudiante en esthétique. Il y a des mesures à respecter, ne pas parler et être concentré. On a un peu mal aux genoux le soir et on a des courbatures mais on s’habitue." Et même si les cours à distance ont repris ce lundi, ils sont nombreux comme Lucas à jouer les prolongations. "Faut pas le dire à ma prof d’anglais, rigole-t-il. On s’arrange je l’ai prévenue. Je lui ai dit que j’avais un petit travail et que j’allais rattraper c’est pas un souci."

Un troisième confinement différent

Les cinq millions de brins de l'exploitation doivent être conditionnés et envoyés partout en France avant samedi 1er mai. Devant le balai de camions en attente de chargement, Nicolas Bigot, le patron de l’entreprise, ne boude son plaisir. Cette année, malgré le confinement, les fleuristes sont ouverts, et ça change tout. "En 2020, on en a vendu moitié moins, raconte Nicolas Bigot. On les a juste simplement pas cueillis. On les a laissé dans le champs et on avait jamais fait ça. En fait, tous nos clients étaient fermés. Le problème c’est qu’on est dans du vivant et les fleurs ne sont pas confinés. Une situation compliquée alors que les fleurs continuent de pousser. "On les a détruites jours après jours pendant le premier confinement, explique le patron de Bigot fleurs. Pareil, durant le deuxième confinement en novembre et heureusement pour le troisième confinement, on a été considérés comme 'essentiels'."

"La demande est très forte donc les ventes sont au rendez-vous en plus. C’est un belle campagne de muguet, on peut le dire."

Nicolas Bigot

à franceinfo

Selon lui, le secteur ne s’est d’ailleurs jamais aussi bien porté que ces derniers mois. Ses ventes de muguets, mais aussi de tulipes et de roses, ont bondi de plus de 20% par rapport à celles de 2019, soit avant la crise sanitaire.

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