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"La rivière a carrément changé de lit, elle est maintenant dans nos vignes" : dans l'Aude, des hectares rendus méconnaissables par le déluge

S'il est encore trop tôt pour chiffrer les dégâts, les viticulteurs sinistrés par les intempéries du 15 octobre dans l'Aude savent que la facture sera importante et les effets visibles sur plusieurs années. C'est le cas à Ventenac-Cabardès. 

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Radio France
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Une parcelle de Maison Ventenac, à Ventenac-Cabardès (Aude), après les pluies du 15 octobre. Le lit du petit ruisseau, le Gazel, s'est déplacé et coule désormais en partie dans les rangs de vigne. (BENJAMIN MATHIEU / RADIO FRANCE)

Les vignobles de l'Aude n'ont pas été épargnés par les inondations du 15 octobre. L'heure est au nettoyage et aux constats. La facture des dégâts n'est pas encore précisée mais au domaine Maison Ventenac, à Ventenac-Cabardès, à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Carcassonne, on sait que le montant sera élevé.

Les dégâts dans les vignes de l'Aude après les inondations du 15 octobre 2018 : un reportage de Benjamin Mathieu
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Il y a quelques années, Stéphanie Ramé a repris le domaine de son père, une appellation cabardès de 130 hectares. Aujourd'hui, il est méconnaissable. Depuis quatre jours, les ouvriers nettoient le chai. Le bâtiment, niché au creux d’un vallon, a été submergé par la crue impressionnante d’un minuscule ruisseau transformé en torrent.

Opération nettoyage au domaine de la Maison Ventenac (Aude) après les inondations du 15 octobre 2018. (BENJAMIN MATHIEU / RADIO FRANCE)

"On passe la raclette toute la journée. On trie, on essaye de sauver ce qui peut être sauvé et on jette le reste", explique Stéphanie Ramé. Les dégâts des inondations sont importants. Quelque 250 palettes prêtes à la livraison sont désormais invendables.

Des palettes de cartons de vin dégradées par les inondations du 15 octobre 2018 à Ventenac (Aude). (BENJAMIN MATHIEU / RADIO FRANCE)

"En gros, il y avait 30 000 bouteilles. Il fallait les sortir des cartons, retirer les étiquettes, rhabiller les bouteilles, explique l'agricultrice. Ça ne vaut pas le coup financièrement. Il vaut mieux que ça parte à la casse." Ce sont des centaines de milliers d'euros qui disparaissent, ajoute la jeune femme.

Des bouteilles de la Maison Ventenac (Aude) abîmées par les intempéries du 15 octobre 2018. (BENJAMIN MATHIEU / FRANCEINFO)

Stéphanie Ramé constate les dégâts : "Des vignes ont été ravagées par les inondations et le torrent. Du coup, des rangs sont couchés." Et il y a le problème de déchets dans les vignes, notamment du goudron qui a sauté sous la force des flots.

Une parcelle de la Maison Ventenac à Ventenac-Cabardès (Aude) aux ceps de vignes arrachés par les intempéries du 15 octobre. (BENJAMIN MATHIEU / RADIO FRANCE)

Des morceaux de goudron et divers déchets dans les vignes du domaine de Ventanac (Aude), après le déluge du 15 octobre 2018. (BENJAMIN MATHIEU / RADIO FRANCE)

Le déluge a brutalement changé la nature. "La rivière avait carrément changé de lit. Elle est maintenant dans nos vignes, avec un débit beaucoup plus calme qu'en début de semaine", indique Stéphanie Ramé. 

Pour son mari, Olivier, les mauvaises saisons s’enchaînent. Il pointe un responsable : le changement climatique. "On a déjà eu un millésime compliqué avec le passage en bio sur une année très pluvieuse. Ensuite, la sécheresse, et  maintenant les inondations... Ça devient compliqué d'être agriculteur", lance-t-il. Plus globalement, le réchauffement climatique est à prendre en compte, dit-il. "On ne peut pas revenir en arrière, alors soyons prévoyants en essayant de penser une nouvelle agriculture avec des nouveaux cépages et de nouvelles façons de fonctionner", préconise le viticulteur.

De nombreux domaines dans la région ont été touchés, certains plus durement encore que la Maison Ventenac.

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