Intempéries : chez les agriculteurs, "l'inquiétude est massive et le moral complètement à zéro", témoigne Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA 

Les fortes pluies ont notamment impacté le secteur viticole en favorisant l'apparition du mildiou.

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Radio France
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Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA, lors d'un déplacement en Haute-Loire en 2015. (REMY PERRIN / MAXPPP)

Chez les agriculteurs, "l'inquiétude est massive et le moral complètement à zéro", témoigne mardi 27 juillet sur franceinfo Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA, après les intempéries qui touchent notamment la moitié nord du pays. Joël Limouzin craint notamment "des pertes de qualité" des récoltes et le développement de maladies "dans la viticulture". Certains agriculteurs "s'attendent à tout perdre".

franceinfo : Quelles sont les conséquences des intempéries exceptionnelles pour les agriculteurs ?

Ce sont d'abord les maladies qui se sont développées dans le secteur de la viticulture depuis les fortes inondations notamment. Cette pluie qui continue impacte également les récoltes des céréales, blé, blé tendre, blé dur. Et on a même des secteurs où le blé dur a germé directement. Et donc c'est une vraie difficulté aujourd'hui.

Y aura-t-il de lourdes pertes ?

Oui, notamment des pertes de qualité. Mais avant de pouvoir faire la récolte, il faut déjà que la météo s'améliore. Et on voit que pour les quinze jours qui viennent, il n'y a pas beaucoup de fenêtres de beau temps pour pouvoir faire cette récolte. Nous sommes vraiment très inquiets. Pour les collègues de l'Île-de-France, de la région Centre, du Grand Ouest, de Bourgogne-Franche-Comté jusqu'au Nord-Pas de Calais, les récoltes devaient démarrer. Pour certains, seuls 5 à 10 % de la récolte ont été réalisés, pour d'autres, rien n'est fait jusqu'à présent. L'inquiétude est massive et le moral complètement à zéro, avec notamment chez des éleveurs, des digues qui ont été rompues, notamment en Saône-et-Loire. Nous avons aussi eu quatre années consécutives de sécheresse. Et là, c'est du gel, de la grêle, des inondations, un excès d'eau particulier pour un mois de juillet. Vraiment pour les agriculteurs, il faut avoir le moral. Notre crainte, c'est vraiment la qualité du produit, s'il est récolté, et ce que nous allons pouvoir en faire. Y aura-t-il des risques de mycotoxines, des blés germées qui vont être disqualifiés pour certaines filières ? Ce n'est vraiment que dans les quinze jours, trois semaines qui viennent que nous en saurons un peu plus.

Quels sont les secteurs les plus en difficultés après ces intempéries ?

C'est le secteur viticole et plus précisément toute en Alsace et en Champagne. Ces régions ont été fortement touchées par le mildiou qui s'est fortement développé, à cause de l'humidité présente en permanence. Dans ces régions, il est aussi difficile de rentrer dans les champs pour pouvoir faire les traitements nécessaires pour protéger contre la maladie. Certains viticulteurs s'attendent à tout perdre à cause du mildiou, alors qu'ils avaient pu être à peu près épargnés par le gel. Donc là, cela va être la deuxième sentence qui va tomber. La solidarité nationale va devoir s'exprimer pour accompagner les agriculteurs. Et il y a ce changement climatique qui est engagé avec des canicules, des sécheresses, des amplitudes de pluviométrie beaucoup trop importantes à des périodes où l'on devrait avoir plutôt du beau temps.

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