Glyphosate : "Il faut légiférer de manière très contraignante", demande la Confédération paysanne

Laurent Pinatel, le porte-parole de la Confédération paysanne affirme mardi sur franceinfo qu'"il y a urgence à interdire le glyphosate".

Laurent Pinatel, le porte-parole de la Confédération paysanne, en février 2016.
Laurent Pinatel, le porte-parole de la Confédération paysanne, en février 2016. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Alors qu'Édouard Philippe est au Salon de l'agriculture mard 27 février, le porte-parole de la Confédération paysanne, Laurent Pinatel, a interpellé le gouvernement sur franceinfo sur la question du glyphosate, qui doit être interdit en France d'ici trois ans. Dimanche, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a en effet annoncé des dérogations possibles dans certains territoires ou pour certains produits si des alternatives ne sont pas trouvées à l'herbicide. "Il faut légiférer de manière très contraignante", demande-t-il.

"Si dès le départ on dit qu'on va interdire le glyphosate mais donner des exceptions, on sait très bien qu'on ne va pas travailler sur les alternatives", explique Laurent Pinatel. "Cela fait 10 ans que l'on parle de la reconduction ou pas du glyphosate, on n'a pas assez travaillé pour proposer aux paysans et paysannes des alternatives."

"Il faut une prise de conscience"

Le porte-parole de la Confédération paysanne insiste sur le fait que le glyphosate comme l'ensemble des pesticides "sont des produits qui sont dangereux pour ceux qui les utilisent. Ils vont donner le cancer aux paysans, insiste-il. Le scandale des mortalités sur les pesticides sera pire que celui du sang contaminé, tout le monde le sait. Il y a urgence à interdire le glyphosate et les autres."

Les alternatives existent, selon Laurent Pinatel. "Il y a plein de gens qui sont en agriculture biologique, en agriculture raisonnée, qui se passent de glyphosate. Il faut vraiment qu'il y ait une prise de conscience des paysans et des paysannes."

Face au coût des alternatives, "il va falloir que le gouvernement agisse, demande-t-il. Ensuite, il va aussi falloir s'attaquer à ce qu'implique la concurrence intra européenne, comme Emmanuel Macron l'a promis, mais il ne l'a pas fait", explique Laurent Pinatel. "Il faut légiférer de manière très contraignante", conclut-il.