Des dizaines d'agriculteurs allument des "feux de la colère" pour dénoncer le malaise dans la profession

Des actions ont été menées dans la nuit de lundi à mardi dans plusieurs régions de France.

Des agriculteurs allument un \"feu de colère\" à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), le 24 septembre 2019.
Des agriculteurs allument un "feu de colère" à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), le 24 septembre 2019. (IDRISS BIGOU-GILLES / HANS LUCAS / AFP)

Ils ont incendié palettes, bottes de paille et souches. Quelques centaines d'agriculteurs ont procédé lundi 23 septembre au soir à des actions "feux de la colère", afin d'exprimer le "malaise" du monde agricole à l'appel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs. En Ile-de-France, des feux étaient allumés dans une demi-douzaine de lieux, dont deux dans le Val d'Oise, trois dans les Yvelines et un dans l'Essonne, selon Amandine Muret-Beguin, céréalière, secrétaire générale des JA d'IDF-Ouest.

"On a appelé ça les feux de la colère, mais aussi les feux du désespoir, pour faire ressentir le malaise ambiant qu'il y a dans la campagne et cet acharnement qu'on peut subir au quotidien", a-t-elle déclaré. Selon elle, sur chaque site, une bonne vingtaine d'adhérents devaient entretenir les feux une bonne partie de la nuit. "Le monde agricole est stigmatisé au quotidien" et dernièrement, le projet de mise en place de zones de non-traitement (ZNT) destinées à protéger les populations contre les dangers potentiels des pesticides "a mis le feu aux poudres", a expliqué Damien Greffin, président de la FDSEA Ile-de-France.

Des actions dans plusieurs régions

Dans d'autres régions, des opérations du même type ont été organisées : dans la Marne, dès 17 heures, deux manifestations ont eu lieu à Witry-les-Reims, avec environ 70 personnes selon la FDSEA, et Sainte-Ménehould, avec une dizaine de personnes. En Haute-Garonne, des petits groupes devaient également allumer des feux à partir de 21 heures dans des champs proches de trois ou quatre communes rurales autour de Toulouse, selon Xavier Dayde, secrétaire général adjoint de la FDSEA 31.

Dans le Pas-de-Calais, à Coquelles, à l'approche du tunnel sous la Manche, environ 70 agriculteurs locaux avaient allumé un feu en plein champ et positionné une vingtaine de tracteurs autour d'un rond-point, sans bloquer les accès. A Calais, une manifestation de même type, sans blocage ni heurts, se déroulait au rond-point proche de l'hôpital de la ville.