"Je vais retirer 150 euros de mon salaire" : des agriculteurs s'opposent aux zones de non-traitement phytosanitaires qui réduiraient leurs champs

Le gouvernement envisage de créer des zones sans pesticides. Un choix contesté par les agriculteurs qui prévoient de manifester cette semaine. 

Un champs de céréales traité avec des pesticides. 
Un champs de céréales traité avec des pesticides.  (JEAN-PIERRE AMET / MAXPPP)
#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

Ils s’opposent aux zones de non-traitement. A partir de lundi 23 septembre et jusqu'à la fin de la semaine, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs annoncent une série d'actions en Île-de-France, dans les Hauts-de-France, en Occitanie et en Auvergne-Rhône-Alpes. Par petits groupes, les agriculteurs vont organiser des rassemblements le long des routes contre ces ZNT où l'usage des pesticides serait banni sur une distance de 5 à 10 mètres des habitations, comme le souhaite le gouvernement. 

D'autres solutions existent selon les agriculteurs 

À 29 ans, Quentin le Guillous est agriculteur à Havelu, en Eure-et-Loire. Il dispose de 170 hectares de colza, de blé et d'orge et il fait "trois à quatre traitements dans l'année, assure-t-il. J'utilise régulièrement du glyphosate, mais pas cette année par exemple". 

Plutôt qu'une distance de 5 à 10 mètres sans pesticides autour des habitations, Quentin le Guillous  a choisi de créer une zone tampon il y a plusieurs années. "J'ai mis cinq mètres de bande d'herbe. On appelle ça une bande tampon, c'est à dire une rupture au bord d'un bois pour les animaux et la biodiversité", dit l'agriculteur. Cependant, cette initiative a tourné à l'échec à cause de nombreuses incivilités : "C'est une décharge. La semaine dernière, j'ai ramassé une machine à laver. J'ai déjà retrouvé une table de massage et des pneus."

Ces zones réduiraient les terrains cultivables 

Quentin le Guillous craint de perdre jusqu'à trois hectares avec la mise en place des zones de non-traitement. Il calcule déjà le un manque à gagner : "Mon salaire est aujourd'hui de 700 euros et je vais retirer 150 euros encore." Les agriculteurs ont donc décidé de mener des actions, dès lundi soir, dans une vingtaine de départements. Ils annoncent des feux de palettes, sans blocage de routes. Si la mobilisation est forte, les agriculteurs pourraient se donner rendez-vous à Paris d'ici la fin de la semaine.

Le reportage de Benjamin Illy
--'--
--'--