Crise des éleveurs : Valls annonce que la restauration collective d'Etat consommera "local"

Le Premier ministre a indiqué que l'Etat allait renégocier "tous les contrats" en vue d'une "généralisation de l'approvisionnement local".

Contrôle de provenance de la viande bovine dans l\'unité de production culinaire du Grand Cahors, qui sert les repas des cantines scolaires et maisons de retraite de la communauté de communes, le 15 février 2013. 
Contrôle de provenance de la viande bovine dans l'unité de production culinaire du Grand Cahors, qui sert les repas des cantines scolaires et maisons de retraite de la communauté de communes, le 15 février 2013.  (MAXPPP)

Face à la colère des éleveurs qui ne faiblit pas malgré le plan d'urgence du gouvernement, Manuel Valls propose d'aller plus loin. Le Premier ministre a annoncé, jeudi 23 juillet sur RTL, que l'Etat allait renégocier "tous les contrats" en vue d'une "généralisation de l'approvisionnement local" dans les restaurations collectives d'Etat, "dans le respect du Code des marchés publics".

"Le service des achats de l'Etat va renégocier tous les contrats d'approvisionnement car il faut consommer de la viande française, c'est une viande de qualité",a-t-il ajouté, appelant les collectivités locales à en faire de même.

Un guide à destination des collectivités locales

"Les règles permettent cela, permettent d'acheter français. Plusieurs collectivités territoriales le font, d'autres ne le font pas, pour des questions parfois de prix, mais dans le respect des marchés, c'est tout à fait possible", a précisé le chef du gouvernement.

En décembre 2014, le ministère de l'Agriculture avait diffusé un guide à destination des collectivités locales et des administrations pour favoriser l'approvisionnement local dans la restauration collective. Une mesure s’inscrivant dans "la politique publique de l’alimentation" présentée par Stéphane Le Foll en Conseil des ministres le 8 octobre 2014.

Des freins juridiques ?

Reste que début juillet, l'Association des maires de France avait interpellé le gouvernement sur une difficulté : la "volonté constante" des élus de "faire appel aux produits locaux ou nationaux" se heurte, selon eux, "aux principes de non-discrimination et d’égal accès à la commande publique, indéniables freins juridiques qui rendent illégale la préférence locale ou nationale dans les marchés de denrées alimentaires".

Sur RTL, le Premier ministre a rappelé que les règles européennes n'empêchaient pas ces mesures, contrairement à ce qu'affirment certains maires. L'objectif de l'exécutif est d'atteindre 40% de produits de proximité dans la restauration collective à l’horizon 2017.